"The Palm Beach Story", Preston Sturges, 1942, NB restauré.
Claudette Colbert se fait payer par un groupe de chasseurs complétement allumés un aller-simple en train de New York à Palm Beach pour obtenir le divorce, avant de perdre ses bagages et d'être sauvée par un jeune richard, a la fois généreux et près de ses sous... et de se remarier.
Une histoire-prétexte dont les situations comiques sont un peu forcées (ce n'est pas le meilleur Sturges, on dirait qu'il s'est laissé aller), mais dont les images sont très soignées comme toujours, et qui mérite le détour pour les performances de deux acteurs. Non pas Joel McCrea, le mari, monotone et monocorde, incapable, plus encore que dans "les Voyages de Sullivan", de varier son jeu ou sa voix, ni même Claudette Colbert, pourtant excellente dans son rôle habituel, mais pour Rudy Vallee, oui, Rudy Vallee, LE crooner des années 30, qui, avec son physique d'employé de la Caisse des Dépôts et Consignations, révèle ici un vrai talent de comédien, et pour Mary Astor, dans un contre-emploi de fofolle milliardaire, coureuse de maris et inspectant ses futures victimes de la tête aux pieds avec un gigantesque face-à-main, tout-à-fait hilarante.
Si on le prend pour ce qu'il donne, une suite de sketches, ce film est divertissant mais supporte mal la comparaison avec les autres comédies américaines de la même époque.