1946 : un jeune loup revient de guerre. La plupart de ses camarades sont rentrés dans le rang. Lui, décide de vivre une vie de vagabond dans le Paris d'après-guerre qui suinte de partout. Le nez au vent mauvais, sans un sou en poche, il se fait un chemin au milieu de la déglingue des traîne-patins avec petits boulots pas toujours avouables (pour se nourrir et surtout boire jusqu'à plus soif). Il navigue au plus près des clochards, des tapineuses, de personnages étonnants : peintres tatoués, aristocrates déchus en frac, et rose à la boutonnière. Il connaît les douceurs du sommeil « à la ficelle » dans des hôtels crasseux et le bonheur d'échouer dans les trous, caches et recoins purulents des venelles et cul de sacs des quartiers populaires : une tournée permanente « des Grands Ducs » de la cloche !
« Quand on a choisi ce genre d'existence, ce modus vivendi, qu'on a dit merde une bonne fois à l'avenir, que l'on a refusé une bonne fois de prendre une assurance vieillesse, évidemment on n'a guère le droit de gueuler contre la faim, c'est le jeu ».
Et pourtant il gueule, pas pour lui mais contre le « spectacle » permanent de la misère dont ce régale parfois, tout en se détournant, les petits bourgeois. Frissons à bon compte M'sieurs-dames !...
Texte dense, poétique et sans pathos qui secoue les tripes !
foxie