Voici l'histoire réelle d'un Michelange révolté contre le pape Jules II, qui fuit l'Italie en répondant à l'invitation du sultan Bajazet à Istanbul.
Le but de l'invitation : obtenir de MichelAnge qu'il accepte de construire un pont sur le Bosphore.
Si l'argument est simple et authentique, le roman qu'en a tiré Mathias Enard est une grande réussite littéraire. La forme d'abord, en pages courtes, synthétiques, qui scandent merveilleusement bien les situations. Les personnages ensuite, très crédibles, dont la psychologie est assurément complexe, même si elle est à peine ébauchée.
Ce roman est un très beau roman sur la vie, sur les rêves, sur les impossibilités, sur le pouvoir et la faiblesse humaine.
Les plus : la forme très agréable, le style de l'auteur mélange suave de sophistication et de simplicité, l'évocation de Constantinople par les yeux d'un occidental, le personnage de la danseuse andalouse, métaphore de la ville ou de cette culture que Michelange ne parvient pas à comprendre?
En moins : que ce livre se lit vite, on en aurait aimé davantage.