The King's Consort, formation anglaise mythique, revient aux studios sous la direction artistique Matthew Halls (ancien adjoint de Robert King) pour le premier enregistrement du Parnasso in Festa (Mars 1734) sérénade (un peu dans le style oratorio' nombreux chœurs), genre très populaire en Italie, écrite par G.F.H. pour le mariage de la Princesse Anne et William d'Orange (la « fleur des princesses » est l'élève préférée de Georg Friedrich et elle le lui rend bien pour défendre sa musique avec ferveur, à une époque où il n'a plus trop la cote auprès des Londoniens.
Chef-d'oeuvre longtemps privé de l'attention qu'il avait historiquement rencontrée, créé deux ans avant Alexander's Feast, et cinq avant a Song for St Cecilia's Day, cette véritable comédie musicale semble se concentrer sur une étude puissante de la seule musique et de ses effets harmoniques. Ouvrage victime d'un très long oubli, comme Déborah, en raison de ce que l'essentiel de la musique est un recyclage du matériau d'Athalia, dont on réentend les larges et émouvants chœurs augmentés de nouveaux numéros (9 sur 35) parmi lesquels un finale où alternent les interventions soli de Carestini, créateur du rôle d'Apollo, et les interjections chorales délicieuses d'un ensemble bien mesuré.
"Étonnant Haendel' quand il fait de la daube réchauffée, il fait de la daube réchauffée, mais quand il est génial, il l'est pour de bon ! » écrit une critique, réaliste ; toutefois ne boudons pas le plaisir : l'orchestration est sérieusement transformée et étoffée.
Difficile de se passionner pour cette intrigue rudimentaire et de circonstance qui réunit une assemblée générale de divinités et de démiurges classiques venus célébrer les noces de Pelée et de Thétis.
Cela dit, interprétation très colorée d'un groupe exceptionnel de musiciens remontés semble-il à bloc ; orchestre et chœur en parfaite symbiose avec un sens du rythme et du tempo qui aère l'espace et nourrit la réflexion ; le casting est discutable ; Diane Moore (Apollo) « Torni pure » n'est pas franchement très excitante à l'inverse de Carolyn Sampson dans le rôle de Clio, comme toujours, très à l'aise dans ce répertoire, totalement illuminée dans « Nel spiegar sua voce al canto ».