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6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5
Les hommages, 15 décembre 2009
Il y a la manière militaire : dans le petit matin, au garde-à-vous devant un monument criblé de noms inconnus, tandis que s'élève lentement le chant "Aux morts". Une façon sobre et digne de rendre hommage aux hommes valeureux tombés pour la France, mais qui a ceci de gênant qu'elle nourrit le système guerrier. Etape du processus, sans jugement sur la guerre ou sur les responsables des tueries.
Il y a la manière artiste : on illustre des lettres de poilus à l'aide de jolies images, dessinées par des gens n'ayant jamais connu de guerre mais abordant le sujet sans scrupule, avec tout le savoir-faire-pleurer dont ils sont capables et qu'ils mettraient d'ailleurs au service de n'importe quelle cause. Comme le mélange des bons sentiments n'effraie pas ces professionnels, ils n'hésitent pas à peindre en passant le maréchal Pétain sous un jour raciste et antisémite, dès 1918.
Enfin, il y a la manière simple, la plus douloureuse, la plus intime : celle qui consiste à lire les lettres de poilus sans fioriture, simplement en prenant quelques minutes pour recevoir le témoignage de Gaston, Jean, Auguste, Marcel, mais également Heinrich ou Willi, tous ces types simples qui, sans le savoir, de chaque côté, ont fait oeuvre d'historien entre deux assauts. Lettres d'amour, de regrets, de dégoût, jamais de haine. Lettres encore palpitantes.
Des deux éditions que Flammarion propose en collection Librio, je vous encourage vivement à choisir celle qui n'est pas illustrée. Tout d'abord Paroles de Poilus contient plus de 150 lettres quand Paroles de Poilus : les plus belles lettres en bd en propose à peine 10, mais surtout, l'émotion générée par les mots se passe de tout autre support que l'imagination et la compassion. Comment un dessinateur pourrait-il ajouter de l'intensité, de la réflexion, ou quoi que ce soit, à des mots de condamnés ?
Pour finir tout en contribuant au débat sur l'identité nationale, voici un extrait d'une lettre d'Henry Lange, datée du 6 septembre 1917 :
"Mes aïeux, en acceptant l'hospitalité de la France, ont contracté envers elle une dette sévère ; j'ai donc un double devoir à accomplir : celui de Français d'abord, celui de nouveau Français ensuite. C'est pourquoi je considère que ma place est là où les risques sont les plus nombreux. [...]
Je veux, après la guerre, si mon étoile me préserve, avoir la satisfaction d'avoir fait mon devoir, et le maximum de mon devoir. Je veux que personne ne puisse me contester le titre de Français, de vrai et de bon Français.
Je veux, si je meurs, que ma famille puisse se réclamer de moi et que jamais qui que ce soit ne puisse lui reprocher ses origines ou ses parentés étrangères."
Lorsqu'on sait qu'Henry est mort au front un an plus tard, à l'âge de 20 ans, et que sa famille, en plus d'être française depuis "seulement" un siècle, était juive, on reste songeur. Pas besoin d'un dessin.
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18 internautes sur 20 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
A méditer, 30 septembre 2001
Des témoignages vrais, choquants et émouvants à la fois. Des morceaux de vie, de mort, de survie, allemands et français. C'étaient nos grands-pères.... Ce recueil devrait figurer au programme d'histoire des collèges.
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4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Un vaccin contre la guerre!, 1 décembre 2007
Ce livre figure, parmi d'autres récits de guerre, au programme de français des classes de 3ème.
Il mêle différentes lettres de poilus appartenant à des milieux sociaux très divers. Certains s'expriment avec aisance, comme Etienne Tanty, professeur de lettres et de latin et d'autres ont plus de difficultés. Léonard Leymarie, par exemple, un des six martyrs de Vingré, nous laisse un témoignage poignant et réaliste de ses sentiments avant sa mort: "et je jure que je suis innocan (...) je jure devandieu que je suis innocan". Tout cela écrit dans un français criblé de fautes, ce qui en renforce la véracité!
On trouve également des lettres d'Allemands, comme celle de Richard Hoffmann, rebuté par la saleté des villages français et de leurs femmes qu'il dit "semblables à des gitanes pour ce qui est de l'habillement et de la propreté". Il partage cependant leur avis sur la guerre : ils veulent à l'unanimité qu'elle se termine.
Les lettres parlent des conditions de vie dans les tranchées, de l'état d'esprit des soldats ou de leur point de vue sur la guerre. On peut même lire un message du Maréchal Joffre, envoyé aux armées, dans lequel il affirme que la vie des hommes a moins d'importance que le fait de gagner du terrain. On comprend pourquoi les mutineries ont abondé par la suite!
En somme, une page d'histoire, racontée par des soldats, plus réaliste que toutes les synthèses faites sur ce sujet.
On revit ce qu'il ne faudrait jamais que nos enfants connaissent! Un vaccin contre la guerre!
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