Fernand Meyssonnier est né, en 1931, en Algérie. « Bénévole » à partir de 1947, il devient officiellement exécuteur de 1957 à 1961. Il participe à plus de deux cents exécutions. Son père, Maurice Meyssonnier, « bénévole » de 1928 à 1943, fut exécuteur à partir de 1943 et exécuteur en chef de 1956 à 1962. Jean-Michel Bessette, anthropologue, est professeur à l'Université de Besançon. Il a publié Il était une fois...la guillotine (Alternatives) et Sociologie du crime (PUF).
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Souvenez-vous : "en ce temps-là, la vie était plus belle, et l'Algérie plus française qu'aujourd'hui..." En 1947, Fernand Meyssonnier n'avait que 16 ans quand il vit, pour la première fois, la tête d'un homme tomber dans la bassine de la guillotine. De ce moment, jusqu'à la décolonisation, il participa à plus de 200 autres exécutions.
Mr Meyssonnier, qui reste l'un de nos derniers témoins du "côté obscur" de la Justice, ne nous cache rien. A ceux qui s'imaginent le bourreau vêtu de rouge, rasant les murs, victime d'un ostracisme séculier, il oppose une image, la sienne, celle d'un jeune homme dans les années 50, aimant rire, danser, auquel les jolies filles n'étaient pas insensibles, mais qui, certains matins, le plus simplement du monde, avec sérieux, accompagnait son père, exécuteur en chef, dans les prisons du Maghreb pour y débarrasser la Société d'assassins et de terroristes...
Il parle, comme si c'était la veille, de ces terribles réveils qui s'achevaient par le claquement du couperet sur ses butoirs. Aucun détail n'est omis, les derniers mots de certains exécutés, les accidents (rares) de la profession, et aussi, photos plan par plan à l'appui, le montage des bois de justice, mais également sa vie de famille, son père, la Guerre d'Algérie, sa vie d'exilé, son musée des châtiments. Le tout raconté simplement, avec les mots d'une conversation banale.
Plus de vingt ans après l'Abolition, on évoque encore avec réticence la peine de mort dans notre pays. Ce livre offre un nouvel éclairage sur ce sujet qu'on veut garder caché, et devient ainsi une oeuvre essentielle pour toute personne s'intéressant un peu aux zones d'ombre de l'Histoire, ou plus simplement aux anciennes affaires judiciaires.
Et à ceux qui feraient la moue face à certains élements du livre un peu choquants, je dirai ceci : amis lecteurs, pensez-y...Un peu d'horreur passée, c'est aussi notre patrimoine.
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