Réalisée en 1968 par André Hunebelle, cette aventure d'OSS 117 n'est sans doute pas la meilleure de sa carrière, mais pour qui aime les films d'espionnage rétro et autres sous-James Bond fleurant bon les sixties et le carton-pâte, autrement dit pour moi, elle n'en reste pas moins fort plaisante, ne serait-ce qu'au second degré. C'est le viril John Gavin qui prête ici son menton carré et ses puissants pectoraux à l'ami Hubert et ma foi il ne s'en tire pas trop mal. C'est que mine de rien, sous son physique de playboy, le susdit était un véritable acteur qui eut l'honneur et le privilège de travailler pour
Hitchcock ET
Kubrick. Ils ne sont pas nombreux, je crois, ceux qui peuvent accoler ces deux noms sur leur CV. Vous me direz que les talents de comédien de Gavin se limitent ici, pour l'essentiel, à castagner les affreux et à bécoter les dames, mais bon, ne chicanons pas!
Sommaire, l'intrigue nous emmène au Moyen-Orient sur les traces d'une mystérieuse organisation spécialisée dans les meurtres politiques. Autant dire qu'on nage en pleine originalité! Le scénario, finement construit, alterne habilement action et romance tout en offrant au spectateur attentif une subtile analyse des complexités géostratégiques du Golfe Persique, analyse dont la pertinence, 45 ans plus tard, étonne toujours et prouve, si besoin était, que Josette Bruce, dont
le roman inspira ce film, savait de quoi elle parlait. Ajoutez à cela que figurent au casting de cette sympathique production italo-française la délicieuse Margaret Lee, l'inénarrable Robert Hossein et le martial Curd Jurgens, et vous conviendrez avec moi que ce petit thriller d'espionnage, si modeste soit-il par son budget, ne manque pas d'atouts et ne méritait sûrement pas l'oubli honteux où l'a jeté un sort cruel.
Pour l'anecdote, deux ans après ce film, John Gavin signa un contrat pour succèder à Sean Connery dans le rôle de Bond. Hélas pour lui, Connery décida de rempiler! Qui sait? Ce cher John aurait peut-être fait un excellent 007...