Amazon.fr
"Rwanda : état des lieux", annonce l'autocollant collé sur la couverture. Après son magnifique Déogratias publié dans la collection Aire libre, Jean-Philippe Stassen emmène à nouveau ses lecteurs en Afrique, du côté de la région des grands lacs, à la découverte du Rwanda meurtri par le génocide de 1994. Dans Déogratias, Stassen avait choisi le prisme de la fiction pour rendre compte de l'innommable. Cette fois, il privilégie la chronique : à travers 17 courts récits mêlant texte et image, il resitue les événements dans leur contexte historique, s'attache à quelques trajectoires individuelles et dresse la typologie savoureuse de personnages en forme d'archétype : le curé, le Belge, le Français, le Tutsi ou encore le représentant du Haut Commissariat aux réfugiés des Nations-Unies. Le regard de Stassen, scénariste et dessinateur, né en Belgique en 1966, est sans complaisance aucune. Mais il ne sombre jamais dans le pathos. Il brocarde les petits trafics et les grandes lâchetés, montre la banalité quotidienne de la mort et de l'horreur, raconte la vie qui continue, avec ces relations entre les gens comme si rien ne s'était jamais passé. Il s'insurge également contre cette tendance des commentateurs à réduire le génocide rwandais à un bilan comptable, au risque d'oublier l'humanité cachée derrière cette litanie de morts. Pour finalement se dire que la triste banalité de l'horreur nous reste à jamais incompréhensible. Jean-Philippe Stassen n'en a probablement pas fini avec le Rwanda. C'est tant mieux : alors que la mémoire du génocide s'estompe peu à peu dans les bonnes consciences occidentales – c'est si loin, l'Afrique... –, il nous oblige à nous souvenir et à garder présente à l'esprit cette part d'ombre tapie au fond de notre conscience mais toujours prête à ressurgir.
En refermant Pawa, le lecteur se sent partagé entre un sentiment d'épouvante et l'espoir que, peut-être, la vie pourra recommencer. Malgré le malaise né du constat que rien ne semble avoir été réglé, comme le montrent les procès en cours aux allures de "bricolage". Pour ceux qui désirent aller plus loin, Pawa propose une bibliographie, un lexique, un rappel de la chronologie ainsi qu'une présentation des langues parlées au Rwanda et au Burundi. Un livre utile et admirable. --Gilbert Jacques
En refermant Pawa, le lecteur se sent partagé entre un sentiment d'épouvante et l'espoir que, peut-être, la vie pourra recommencer. Malgré le malaise né du constat que rien ne semble avoir été réglé, comme le montrent les procès en cours aux allures de "bricolage". Pour ceux qui désirent aller plus loin, Pawa propose une bibliographie, un lexique, un rappel de la chronologie ainsi qu'une présentation des langues parlées au Rwanda et au Burundi. Un livre utile et admirable. --Gilbert Jacques
Présentation de l'éditeur
Lors de ses séjours multiples au Rwanda et au Burundi, Jean-Philippe Stassen a recueilli une foule de témoignages et de récits du génocide et de ses suites (exode, réfugiés, médiatisation, imbrication dans un conflit régional). Il a d'ailleurs vécu lui-même quelques épisodes significatifs de l'état de la région. Il se propose de nous en raconter un certain nombre sous formes de courtes histoires ou saynètes visant à donner la parole aux gens. et à leurs expériences. Il éclairera aussi certains points historiques obscurs pour nous européens, avec lappui d'historiens. On retrouvera le ton mi-figue mi-raisin de Stassen, pourtant personnellement impliqué dans ce drame, seul moyen de rendre compte du fait que, malgré lindicible, la "vie" continue...