Yasunari Kawabata atteint, dans ce livre, une perfection formelle que Flaubert désirait ardemment."Je voudrais écrire un roman qui ne se tienne que par le style" disait-il.
Ce livre est celui d'un écrivain qui peint. Jamais,je n'avais lu de texte où l'écriture construit, en touches aussi multiples, aussi fluides aussi belles une histoire si éclatante de couleurs en à -plats posés "comme cela" (blanc, vert, roux), si remplies de variations sur la monochromie du blanc et traversée d'éclairs brutaux, éclairs inondant l'oeil de silhouettes saisies dans leur vie fugace d'une seconde déjà écoulée ("Le visage de Yoko refleté dans la vitre du train).
Cet homme raconte aussi une passion amoureuse extraordinaire de non-dits, d'intensité sensuelle et de délicatesse. Ni chair, au sens physique, ni flots de fureur et de déchaînements, au sens romantique, ni froide démarche, au sens libertin. Juste une voie impossible. La fin, abrupte, signe la présence de la Mort, convive inattendu peut-être désirée ?
Ce livre est un des très grands textes de la Grande Littérature.