...parmi les vingt-six numéros de la musique de scène intégrale. Cette anthologie inclut certes les incontournables "Plainte d'Ingrid", "Danse d'Anitra", "Dans le hall du roi des montagnes" (avec les choeurs de la Radio de Leipzig), "Au Matin", "Mort d'Aase" et "Chanson de Solveig" dans sa version vocale chantée par la soprano Taru Valjakka.
L'interprétation est moins colorée, plus tendue que celle de John Barbirolli. L'autorité de Blomstedt se traduit par une intensité moins charmeuse, une dramaturgie plus austère qui nous éloigne de la dimension populaire mais rend à la pièce d'Ibsen son intelligence satirique.
La réactivité, la précision, la sveltesse de l'orchestre dresdois sont comme toujours admirables.
A noter que le maestro suédois réenregistra une
plus complète anthologie à San Franciso pour Decca.
Captée à Londres à la veille de Noël 1971, le Concerto pour piano peut impressionner par une opulente prise de son. Les couleurs, la rondeur du Philharmonia offrent une gratifiante écoute.
Hélas, John Ogdon ne révèle guère de subtilité dans le phrasé ni dans la frappe. Son clavier est trop souvent matraqué ou mitraillé pour qu'on ne s'agace pas d'une prestation si baroudeuse et prosaïque. La direction musclée voire emphatique de l'excellent Paavo Berglund ne l'incite pas à la demi-mesure.
Dans le Finale, on pourrait dresser catalogue de tous les effets histrioniques qu'ose le pianiste anglais.
Bravo ! Olé ! et qu'on n'en parle plus.
Le CD2 honore la production lyrique de Grieg, particulièrement son chef d'oeuvre "Haugtussa" opus 67 : une fille des montagnes, visionnaire, qui souffre d'amour et retrouve sérénité en contemplant l'eau du torrent.
En 1973, Siv Wennberg fut la première à enregistrer ce cycle vocal depuis la légendaire version de Kirsten Flagstad (Decca, avec Edwin McArthur). Le dialecte rural « landsmål » des poèmes d'Arne Garborg trouve parfois d'étranges reflets dans la voix hâve et puissante de la soprano norvégienne, qui ne manque ni de malléabilité ("Veslemøy") ni de vélocité ("Killingdans"). Même si sa tendance à attaquer les notes par le bas menace la pureté d'intonation et conduira à vouloir écouter, par comparaison, le
superbe récital d'Anne-Sophie von Otter.
L'absence des poèmes dans le livret (même si celui-ci nous invite poliment à les trouver sur le site internet emiclassics) est un sévère handicap pour quiconque ne comprend langue norvégienne.
Accompagné par Hartmut Höll, Dietrich Fischer-Dieskau nous offre ensuite un récital de Lieder variés (ballades, romances, chansons de chasse...) puisés à divers recueils d'après Heine, Goethe, Andersen -trésors de poésie, d'invention mélodique, d'émotion. Abattage, nuance, sens du verbe.
Mais telle qu'elle est captée à Berlin en novembre 1984, la voix sonne un peu métallique et engorgée, sans la palette qu'on attend du grand baryton.