Le Te Deum se rattache à la veine néo-romantique de Penderecki. Achevé en 1980 et dédié au pape Jean-Paul II à l'occasion de son élection, chanté en latin, c'est avant tout la seconde partie (la plus courte) qui sonnera plus moderne grâce à l'utilisation des percussions. Le reste demeure assez sombre et les solistes n'ont qu'une importance secondaire. L'hymne à Daniel de 1997 est aussi de la même veine : commençant a cappella, tout l'orchestre se greffe progressivement sur les choeurs. La Chaconne finale fut conçue comme appendice au Requiem Polonais et est d'une belle inspiration romantique.
Dès lors, pourquoi avoir ajouté Polymorphie (1961) dans ce programme bien conventionnel ? si ce n'est peut-être pour souligner l'écart abyssal qu'il existe entre cette courte pièce pour instruments à cordes très proche stylistiquement des Thrènes : ultra-moderne, Penderecki y atteint les limites expressives des cordes (glissandi, coups frappés col legno) à un tel point qu'on a l'impression d'entendre par moments des voix humaines ! 5 étoiles pour Polymorphie, et 3 étoiles pour le reste. Livret anglais/allemand, textes en polonais/anglais