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3 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Comment l'homme secréte bien son savoir?,
Ce commentaire fait référence à cette édition : Perdons-nous connaissance ? : De la Mythologie à la Neurologie (Broché)
L'histoire de l'homme, pour qui sait la considérer au-delà de son aspect événementiel, indique une seule et même chose: l'homme est "organiquement" programmé pour être et demeurer ignorant; l'instrument le plus sûr de cette caractéristique inhérente à son matériau psychique étant précisément la connaissance. Ce qui émane du livre de Lionel Naccache à travers son propos scientifique, est la démonstration que pour savoir, il faut d'abord et surtout être ignorant de sa nature propre: qu'est-ce qu'être un être vivant à la manière humaine? Sans une pareille cécité mentale, l'homme interrogerait sa tendance à se promouvoir distinct du monde qui l'entoure, et considèrerait celle-ci comme la fonction du projet dont il est le porteur à son insu: prospérer à la surface de la Terre, comme le pissenlit ou la libellule. Il est un conteneur de gamètes comme n'importe quel autre être vivant. Et comme lui, son organisme est doté d'origine de tout l'arsenal nécessaire à la réalisation de ce programme. Une fois compris cela, tout s'explique. Mais cette perspective étant parfaitement inconcevable et donc inaudible pour l'esprit des humanistes connaissants, Homo sapiens a inventé l'"Histoire", l'"Héliocentrisme", le "siècle des Lumières", la "Renaissance", la "Psychanalyse", les "Droits de l'homme",la "mécanique quantique", pleins de petits dieux et puis un Grand, etc. qui lui confirment qu'il est au centre d'une Création/Évolution (comme si dans un processus évolutionniste ne pouvait se produire un incident créationniste), dont il se dit en mesure d'en décrire les séquences successives et un jour le mystère.La caution que le scientifique apporte par ses découvertes intercurrentes, à cette abstrusion de la Conscience est un autre mécanisme de l'ignorance qui ne se maintient jamais mieux que lorsque le sujet qui en est habité éprouve un état de bienêtre intellectuel. La validation de ses préventions et préjugés conceptuels, n'est-elle pas une condition du confort personnel derrière lequel chacun court depuis Gilgamesh? Donc surtout, ne pas changer! Comme si d'ailleurs, changer était possible, sans changer de nature. Peut-être qu'un jour l'espèce humaine sera remplacée par une autre espèce d'hommes, mais tant que la nôtre prospèrera, elle demeurera telle qu'en elle-même, sans quoi nous faillirions à l'ordre des choses, ce qui ne semble pas à notre portée, OGM ou pas. En dehors du concours involontaire des Sciences, l'ignorance constitutive de l'esprit humain bénéficie de la fonction interprétative qui possède un pouvoir puissant de dispersion et de diversification des états d'âme si chers au meilleur des hommes, fût-il "honnête homme"; car l'interprétation du monde produit les catégories ("bien" et "mal" du Pardès hébraïque) dont nous retenons et cherchons à imposer celles qui sont pour chacun de nous, les plus immédiatement agréables ou rentables, à un titre ou un autre. La "confusion des langues" symbolique de la chute de l'homme, correspond bien à un tel processus séparatif mais qui ne se fait pas entre les hommes. (Ceux-ci se considérant chacun comme unique, ils partagent tous cette croyance qui les constitue de manière homogène.) La confusion en question est en fait un obscurcissement, c'est la perte du contact premier avec la réalité d'un monde auquel l'adam ne se savait même pas appartenir, sans distinction de genre, d'espèce ni même de règne, en toute innocence. La psychologie nous informe sur le processus à l'œuvre dans la participation à une interrelation au sein du registre humain: chaque protagoniste ne peut y adhérer véritablement, c'est à dire sans retenue, qu'en ignorant le faire. Lorsque l'un d'entre eux réalise les enjeux ou les motivations sous-jacentes, il perd son innocence et donc son vécu spontané; il est devenu intentionnel. Pareillement, la Réalité en acte, si tant est que cette formulation ait un sens, dans le plan qui est le sien, a prévu pour ses acteurs phénoménaux, divers procédés d'aveuglement auto-générés et rétroactifs, dont l'innocence et l'ignorance. Ainsi, pour bien accomplir sa petite œuvre, l'homme semble être pourvu de processus neuronaux répressifs de la Conscience, qui l'ont d'abord fait ignorant en toute inconscience de l'être, aux fins d'instauration du scénario qui lui était échu. Puis, de complexité en sophistication de son suintement mental, il a été rendu conscient d'un savoir nécessaire à l'entretien de son ignorance. C'est de ce passage de l'un à l'autre type d'ignorance que procède la perte d'innocence biblique (accessoirement préservatrice du savoir de la condition matérielle, car créé, de l'homme). C'est justement cette découverte qui transforme celui qui la fait, en éteignant le prisme déformant de l'ego (sans l'éliminer, bien sûr, sans quoi il y aurait changement de nature) et le fait passer aux yeux des siens pour un anormal, un hérétique. Qu'en serait-il d'une humanité lucide quant à sa pré-détermination, au sens où les gnostiques du IIe s. par exemple, concevaient l'origine et la nature de leur présence au monde? (Sous la forme d'un évhémérisme céleste et calamiteux.) La réponse est simple, le déroulement du jeu cesserait instantanément. "On ne peut pas jouer en toute innocence à un jeu dont on vient de comprendre ce qui le sous-tend." On peut mourir, perdre la raison, ou survivre à la révélation comme le dit le texte talmudique, mais dans ce dernier cas, quand on est néanmoins obligé de participer au jeu, on ne peut que donner le change, faire "comme si", sans plus croire aux règles ni alimenter sa mythologie personnelle avec les péripéties de la partie en cours, ses mérites, sa valeur, ses succès, ses échecs, les injustices, sa vertu, etc. On est dans le jeu sans faire partie du jeu. Le mélo s'arrête, remplacé par un sobre documentaire sur l'essence (inaccessible) des choses. Mais quel esprit serait capable d'un pareil retournement en dehors de la figure d'un A'her du texte hébreu rapporté par Lionnel Naccache? Rumi et Saint Thomas sans doute, sont d'autres exemples de l'effondrement existentiel qui survient quand la foi ne suffit plus à compenser les insuffisances de l'intelligence à satisfaire son désir de connaître. Ils se sont tus, chacun à sa façon. Pour tous les acteurs du spectacle humain, quand son tour vient d'entrer en scène, les "compteurs" (psychiques) sont à zéro; chacun espère pouvoir influencer les rouages de la machinerie biographique dans un sens qui lui sera favorable. Des formules ont été inventées pour dire cela avec emphase: exister, laisser une trace, se réaliser, s'épanouir, s'accomplir... Chacun se fait son petit film (confortable) dans son coin d'histoire, en s'étonnant candidement d'être confronter de-ci, de-là, aux scripts (pénibles) de ses contemporains. Pourtant l'historiographie nous montre que l'écriture de toutes ces vies revient en définitive, à choisir les couleurs des murs de sa cellule et, plus grave encore, à donner à certains esprits plus inventifs, plus abscons, l'idée d'élaborer, de proposer ou d'imposer, toutes sortes de nouvelles prisons. Mais il est de fait, que la logique des espèces est de mener jusqu'à son terme chacune d'elle selon son mode et ses attributs propres, éventuellement comme simple pièce d'un puzzle multidimensionnel; pour y participer utilement, c'est à dire y occuper la place et seulement la place qui lui revient, il semble bien que la cécité de l'esprit qu'entretient la production irrépressible du savoir cérébral des hommes, fasse figure d'instrument parmi les plus sûrs dévolus à cette fonction. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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Parcours approfondi de la connaissance,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Perdons-nous connaissance ? : De la Mythologie à la Neurologie (Broché)
Le Pr. Naccache découpe au scalpel les approximations multiples qui créent la notion de connaissance.Si cette dernière est vérité pour l'establishment, elle est une imposture pour l'auteur du tryptique C/F/I à l'effet placebo. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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