Que connait on finalement de Pergolesi, mort en 1736 à 26 ans de la tuberculose. Sa courte carrière musicale nous a léguée le fameux "Staba Mater", tube joué et enregistré régulièrement.
En dehors de cela, pas grand chose il est vrai. On sait qu'il composa "la Serva Padronna", à l'origine en France de la fameuse querelle des bouffons où les partisans de la musique italienne mirent l'oeuvre en avant pour argumenter de sa supériorité sur la musique française.
Dès l'instant où sa mort fut connue, alors que durant sa brève carrière il n'avait essuyé que dédain et parfois humiliation de la part du public, toute l'Italie manifesta le vif désir d'entendre et de posséder ses oeuvres.
En effet, le mythe qui est né dans toute l'Europe autour de sa vie et de son oeuvre après sa disparition représente un phénomène exceptionnel dans l'histoire de la musique, à l'image de ce que Mozart connaîtra après sa mort.
Ainsi, plus de trois cents numéros d'opus lui ont été attribués dont seulement une trentaine a été reconnue par la critique moderne comme étant réellement de lui, ce phénomène témoigne de la réputation du compositeur.
L'Olimpiade fait partie de ses opus. Sur un livret de Pietro Metastase, Pergolesi ne révolutionne pas l'histoire de la musique; il infléchi davantage un mouvement préclassique, qui s'éloignait du baroque foisonnant pour une clarté, une simplification des formes, de la mélodie, de l'harmonie, une manière « galante » toute en élégance légère, mais aussi plus proche du quotidien, de la sentimentalité bourgeoise. Il faut écouter le travail sur les sonorités orchestrales, les amples récitatifs orchestraux, des modulations hardies et une nouvelle manière d'épouser les inflexions du texte, où se profile la complexité des émotions : Mozart s'en souviendra, Rossini aussi.
Ce chef d'aeuvre de Pergolese fut hué lors de la première à Rome car le jeune compositeur, en digne représentant de l'Ecole de Naples, avait remplacé les airs de bravoure destinés aux castrats par des arie mettant en valeur les sentiments, les passions et les conflits intérieurs des personnages du meilleur livret de Métastase, mis en musique par plus de cinquante compositeurs, en particulier en 1734 par Vivaldi.
Quant à Alessandro De Marchi, sa filiation avec René Jacobs saute aux yeux. Même enthousiasme pour la partition, s, même capacité à galvaniser son orchestre Academia Montis Regalis, beaux phrasés, accents expressifs, mise en valeur des sonorités propre à l'orchestre baroque, ornementation coulant de source.
Cet Olimpiade est une vrai découverte, aux airs d'une qualité égale à ceux d'un Hasse, ou même parfois d'un Haendel.
La prise de son est très bonne, vref, une belle découverte qui complètera la discothèque des mélomanes.