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2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Fritz jazz,
Par
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Die Like A Dog (CD)
Alors que les quatre albums du quartet DIE LIKE A DOG parus sur FMP sont devenus plus ou moins indisponibles, Jazzwerkstat a la bonne idée de les republier sous forme de coffret, contenant les quatre CD dans de jolis boîtiers cartonnés individuels, assortis d'un épais livret contenant textes et photos. Les écrits sont de Steve Lake, Mike Heffley et Peter Brötzmann lui-même, sous la forme d'un entretien mené en 2000 par Felix Klopotek et des notes originales de l'album en hommage à Albert Ayler, le premier du groupe. Brötzmann revient sur la genèse de ce quartet, l'un de ses meilleurs (avec LAST EXIT dans les années 80 et FULL BLAST depuis le milieu des années 2000).DIE LIKE A DOG est donc un quartette de free jazz, versant extrême, mêlant l'énergie du rock aux traditions des musiques improvisées américaines et européennes, à quoi il faut encore ajouter une bonne dose de psychédélisme. Autrement dit, les personnalités des quatre membres de ce groupe de rêve (ou de cauchemar, selon vos inclinations) trouvent ici à s'exprimer dans un contexte en tout point idéal: le meilleur de leurs univers respectifs est ici convié! Le trompettiste Toshinori Kondo apporte la touche "psychédélique" déjà mentionnée. Kondo a derrière lui une longue expérience dans les musiques d'avant-garde de toutes sortes (collaborations avec Bill Laswell, John Zorn et DJ Krush, électro-pop contestataire dans les années 80 avec IMA, albums de trompette électrifiée en solo - citons en vrac Charged Live, Silent Melodies, Classic Guide to Strategy). Kondo travaille le son de son instrument à l'aide de nombreux effets électroniques du plus bel... effet. William Parker à la contrebasse et Hamid Drake à la batterie se sont retrouvés dans de nombreux contextes; ils sont ici au sommet de leur art, en osmose totale et constituent, davantage qu'une section rythmique, des "sparring partners" de taille pour les deux soufflants. Le leader, Peter Brötzmann, est bien sûr célèbre pour une carrière tout entière placée sous le signe de la colère. Son jeu est volubile, inéluctable, fait de grognements rauques et de fureur tantôt rentrée, plus souvent extériorisée. Véritable force tellurique sur l'instrument (le Pharoah Sanders ou plutôt l'Albert Ayler allemand?), Brötzmann maîtrise parfaitement son instrument, gérant avec précision et de multiples nuances les sons qui s'échappent de ses saxophones alto et ténor, tarogato et clarinette. Le tout donne une sorte de super-groupe de free jazz, une rencontre inespérée et idéale pour les amateurs de ce courant musical - peut-être pas pour toutes les oreilles mais d'une indéniable et immersive beauté. Le premier album, FRAGMENTS OF MUSIC, LIFE AND DEATH OF ALBERT AYLER est enregistré en public à Berlin en août 1993. LITTLE BIRDS HAVE FAST HEARTS N°1 et N°2 sont aussi les témoignages de concerts berlinois, en novembre 1997 cette fois. AOYAMA CROWS est un nouveau live, daté de 1999 (et toujours à Berlin). Les pièces sont longues, les durées généreuses (entre 60 et 72 minutes par disque). Un maelström musical, effrayant et vertigineux, qui vous désoriente, vous jette dans l'eau froide avant de vous rattraper de justesse pour vous faire traverser d'étranges zones d'ombre, puis vous entraîne tête la première dans les flammes d'un paysage infernal aussi fascinant qu'inquiétant, et vous rend à la vie plus éveillés que vous ne l'étiez avant de poser la galette dans la platine... Oui, la musique peut faire autant d'effet qu'une drogue, et même davantage, DIE LIKE A DOG le prouve... Les pochettes sont dues à Peter Brötzmann, qui est aussi l'initiateur des "compositions" (avec des citations d'Albert Ayler dans le premier disque). A noter qu'un autre disque du groupe est paru, From Valley to Valley, avec Roy Campbell à la place de Kondo et enregistré sur une scène du festival "Fire in the Valley" (1998). Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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