Peter Gabriel

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Biographie

Peter Gabriel naît le 13 février 1950 dans le Surrey. En 1965, il fonde Genesis avec des copains d'école. Il en est le chanteur, mais joue également de la flûte traversière, écrit la majorité des textes et développe quasiment seul l'aspect visuel des shows du groupe. De 1969 à 1975, Genesis publie six albums studio qui donnent ses lettres de noblesse à un genre qu'on appelle alors « rock progressif », une musique assez complexe et sophistiquée. Mais, là où d'autres formations pratiquant ce style musical mettent l'accent sur les prouesses instrumentales (King Crimson, Yes et surtout Emerson, ... Lire la suite

Peter Gabriel naît le 13 février 1950 dans le Surrey. En 1965, il fonde Genesis avec des copains d'école. Il en est le chanteur, mais joue également de la flûte traversière, écrit la majorité des textes et développe quasiment seul l'aspect visuel des shows du groupe. De 1969 à 1975, Genesis publie six albums studio qui donnent ses lettres de noblesse à un genre qu'on appelle alors « rock progressif », une musique assez complexe et sophistiquée. Mais, là où d'autres formations pratiquant ce style musical mettent l'accent sur les prouesses instrumentales (King Crimson, Yes et surtout Emerson, Lake & Palmer), Genesis n'oublie jamais de composer d'excellentes chansons et surtout, grâce à Gabriel, développe une théâtralité impressionnante qui donne à ses concerts une dimension nouvelle, annonçant ce qu'on appellera plus tard les spectacles multimédia.

Pour jouer les différents personnages de ses chansons de plus en plus élaborées, il transforme constamment sa voix, chantant dans différents registres, technique qui deviendra sa marque de fabrique et qu'il continuera d'employer sur ses premiers albums solo. Il utilise également de nombreux masques, costumes, accessoires et maquillages outranciers. Les autres membres du groupe, essentiellement intéressés par la musique, commencent à reprocher à Peter Gabriel de détourner l'attention du public. Ces divergences vont atteindre un point de non-retour en 1974 à la sortie de The Lamb Lies Down On Broadway, un double album conceptuel dont l'histoire a intégralement été imaginée et écrite par Gabriel, qui y a beaucoup travaillé seul, à l'écart du groupe. Avec un premier disque constitué de chansons pop énergiques à la violence très urbaine, The Lamb... ressemble effectivement plus à un premier album solo de Peter Gabriel qu'à la suite du pastoral et délicat Selling England by the Pound, le précédent Genesis. Gabriel annonce alors logiquement qu'il quittera le groupe à la fin de la tournée The Lamb. La séparation est effective en mai 1975.

Le nouveau départ de Peter Gabriel

C'est un double traumatisme pour les fans : pour eux, Gabriel incarne Genesis et, si personne ne donne très cher de la peau du chanteur en solo, pour tout le monde, le groupe est fini... Pourtant, Genesis continuera sa carrière et, avec le batteur Phil Collins au chant, simplifiera sa musique et obtiendra un succès qu'il n'aurait peut-être jamais connu avec Peter Gabriel.

Ce dernier compose alors les chansons qui vont constituer son premier album solo, dont « Solsbury Hill » dans laquelle il évoque les raisons de son départ de Genesis et sa joie d'être enfin libre. Ce titre sera son premier succès en solo (n°68 au Etats-Unis). L'album sort en février 1977. Pour le produire, Gabriel a choisi le Canadien Bob Ezrin, sorte de génie de la démesure, connu pour son travail avec Alice Cooper, Lou Reed (Berlin) puis, plus tard, Pink Floyd (The Wall) et, de façon plus anecdotique, Téléphone (Dure Limite). Le disque est enregistré à Toronto, dans le fief d'Ezrin et celui-ci convoque ses musiciens habituels, les deux flamboyants guitaristes Steve Hunter et Dick Wagner, le clavier Jozef Chirowski et le batteur Allan Schwatzberg. Cette équipe confère à l'album de Gabriel un son gigantesque renforcé par la présence du London Symphony Orchestra au grand complet. On est loin de la préciosité de Genesis et les fans sont légèrement décontenancés. Gabriel expliquera par la suite qu'ayant perdu tous ses repères et se retrouvant seul, sans le groupe avec lequel il jouait depuis son adolescence, il avait besoin de se rassurer avec une équipe très professionnelle. On retrouve néanmoins sur ce disque deux musiciens qui vont beaucoup compter pour lui, le bassiste Tony Levin, qui l'accompagnera tout au long de sa carrière, et le génial guitariste Robert Fripp, leader et fondateur de King Crimson, qu'il reformera d'ailleurs en 1979 avec... Tony Levin à la basse.

Fripp accompagne discrètement Gabriel lors de sa première tournée en solo, qui comprend son premier concert français, à la Fête de L'Humanité, le 10 septembre 1977 : il n'apparaît pas sur scène, jouant caché derrière les amplis. Dans la foulée, le guitariste produit le second album de Peter Gabriel qui, tout comme le premier, n'a pas de titre, si ce n'est Peter Gabriel : le chanteur veut que ses albums soient comme « des éditions différentes d'un même magazine ». La maison de disques s'arrache les cheveux, d'autant plus qu'il répétera la blague avec les deux suivants. On prendra l'habitude de leur donner des numéros ou, aux Etats-Unis, un sous-titre plus ou moins explicite en référence à la pochette : Car (voiture) pour le premier, puis Scratch (griffure), Melt (fonte) et Security...

Gabriel ne fait pas dans la facilité : ce deuxième album ne possède ni la luxuriance sonore du précédent, ni un hit évident du calibre de « Solsbury Hill ». C'est ce qu'on appelle un album « de transition », qui permet à Peter Gabriel de s'approcher du style plus personnel qu'il va bientôt développer avec grand succès et dont les caractéristiques sont alors le recours croissant à l'électronique et aux synthétiseurs (Larry Fast), au Chapman Stick en lieu et place de la basse (toujours Tony Levin) et à une batterie de plus en plus lourde (Jerry Marotta). Ces musiciens vont également constituer le noyau du groupe de tournée, une formation soudée par les concerts qui, en décembre 1978, enflamme le Pavillon Baltard de Nogent-sur-Marne (oui, celui qui abrite aujourd'hui La Nouvelle Star, les temps changent...).

Peter Gabriel et la « world music »

En été 1979, Peter Gabriel enregistre sous la houlette du producteur Steve Lillywhite. Le résultat, son troisième album qui sort en mai 1980, est un succès artistique et commercial, notamment grâce aux chansons « Games Without Frontiers » (sur lequel il chante avec Kate Bush) et « Biko ». Cette dernière, dédiée à l'activiste anti-apartheid assassiné en Afrique du Sud, fera le tour du monde et déterminera l'engagement de son auteur dans de nombreuses causes défendant les droits de l'homme. L'album suivant développe les mêmes ambiances électroniques en y ajoutant un soupçon de rythmes africains (« The Rhythm of the Heat ») et latins (« San Jacinto »), premiers indices de l'intérêt de Gabriel pour la « world music ». Publié en septembre 1982, il obtient encore plus de succès, notamment aux Etats-Unis grâce au single « Shock the Monkey » (son premier titre à entrer dans le Top 40 américain).

Au même moment, Peter Gabriel lance le festival WOMAD (World of Music, Arts and Dance), destiné à faire connaître différentes cultures et musiques du monde à une audience occidentale. Pour le financer, le chanteur se produit avec ses anciens camarades de Genesis lors d'un unique concert de reformation, le 2 octobre 1982. Puis il s'embarque dans une tournée en solo dont sera tiré son premier disque enregistré en concert, Plays Live, double album paru en 1983, qui reprend des titres de ses quatre albums studio.

Fin 1984, Peter Gabriel s'attaque à une nouvelle expérience : avec le producteur Daniel Lanois, il enregistre sa première musique de film, pour Birdy d'Alan Parker. Pour ce faire, il compose en studio des musiques instrumentales originales, mais retravaille également des titres de son quatrième album en les remixant, une méthode qui consolide sa position de précurseur de la musique électronique. L'album de la bande originale sort en 1985 et reçoit de nombreuses louanges, tandis que le film remporte le Grand Prix du Jury au Festival de Cannes. La même année, Peter Gabriel fonde Real World, une compagnie prolongeant son action entamée avec WOMAD, destinée à établir des passerelles entre la technologie occidentale et les musiques du monde les plus diverses. Il inaugure ainsi le studio Real World à Bath, petite merveille ultramoderne située dans un cadre somptueux, ainsi que le label du même nom qui publiera, outre ses propres albums, des disques de chanteurs et groupes venus du monde entier parmi lesquels Youssou N'Dour et Nusrat Fateh Ali Khan.

So, un succès commercial

En mai 1986, Peter Gabriel sort son plus grand succès commercial, l'album So, emmené par l'énergique single « Sledgehammer », un hommage aux chanteurs soul des années 1960 et tout particulièrement à Otis Redding. Ce titre sera propulsé aux sommets des charts anglais et américains par une vidéo totalement novatrice, mélangeant diverses techniques d'animation. C'est la vidéo la plus primée de l'histoire du clip (la plus jouée de tous les temps sur MTV, meilleure vidéo de tous les temps pour le magazine Rolling Stone, etc.). L'album, qui comprend d'autres hits comme « Big Time » et « In Your Eyes » ainsi que le duo avec Kate Bush, « Don't Give Up », sera certifié multi-platine et vaudra à son auteur une véritable stature de star internationale. N'importe quel autre artiste aurait capitalisé sur ce succès en enchaînant par une grosse tournée lucrative, un nouvel album copie carbone du précédent et autres fadaises habituelles signalant généralement l'abandon de toute prise de risque et de toute ambition artistique. Mais Peter Gabriel est un homme à part. Il ne retrouvera jamais le succès de So pour une simple raison : il n'essaiera jamais. Son album suivant sortira d'ailleurs... six ans plus tard.

Entre temps, il va diversifier ses activités, développant Real World, écrivant des musiques de film et s'engageant plus avant dans des causes humanitaires. Ainsi, à l'été 1986, il s'embarque dans une tournée de soutien à Amnesty International avec Sting, U2 et Joan Baez. Il organise également la suivante, Human Rights Now !, en 1988, parcourant le monde en compagnie de Bruce Springsteen, Sting, Tracey Chapman et Youssou N'Dour (la tournée passe par Bercy avec Michel Jonasz en vedette locale). Il participe également cette année-là et en 1990 au concert de soutien à Nelson Mandela, à Wembley.

La Passion de Peter Gabriel

En juin 1989, il publie Passion, la musique du film de Martin Scorsese, La Dernière tentation du Christ, où il mélange avec succès world music et électronique. Cet album expérimental et novateur remportera le Grammy Award du « Meilleur album New Age »... Comme il a du mal à trouver le temps de se consacrer à son prochain album solo, une compilation, Shaking the Trees, est publiée fin 1990. Elle comprend un nouveau morceau (qui donne son titre à l'album) écrit avec Youssou N'Dour, ainsi que quinze de ses classiques (et donc aucun extrait de son second disque). Le nouvel album Us sort enfin au printemps 1992. Plus sombre que So (Gabriel sort d'un divorce douloureux), il obtient évidemment moins de succès. Tout est relatif : Us est certifié Disque de platine et le titre « Steam » (qui rappelle fortement « Sledgehammer ») se classe dans le Top 40. Dans la foulée, en avril 1993, le chanteur s'engage dans une grande tournée très ambitieuse mise en scène par Robert Le Page, The Secret World Tour, qui parcourt le monde pendant 18 mois, touchant plus d'un million de spectateurs répartis sur les cinq continents. En août 1994 sortent un double album live et une vidéo enregistrés sur cette tournée, Secret World Live.

Peter Gabriel, toujours passionné par la technologie de pointe, fonde alors Real World Multimedia qui va développer son site internet et publier des CD-Rom expérimentaux, dont son propre XPLORA. L'exploration de l'univers du multimédia va occuper le chanteur jusqu'à la fin des années 1990. Il participe également à l'organisation d'un immense spectacle pour le passage au troisième millénaire, au Millenium Dome de Londres, le 1er janvier 2000. Il en compose la musique qui sort en juin sous le titre Ovo, un album très varié qui désarçonne légèrement son public, pourtant maintenant habitué à ce foisonnement créatif. En avril 2002, il publie The Long Walk Home, la musique du film Le Chemin de la liberté de Philip Noyce, un album instrumental à base de claviers électroniques créant d'étonnants paysages sonores. En septembre, un nouvel album de chansons, Up, voit le jour, produit, pour la première fois de sa carrière, par Peter Gabriel lui-même. Il est suivi de la tournée Growing Up. Un DVD de celle-ci est publié en septembre 2003, ainsi qu'une nouvelle compilation, Hit, qui reprend des titres de tous ses albums, musiques de films comprises, et offre quelques inédits.

En 2004, il relance la tournée (judicieusement nommée Still Growing Up) qui fera l'objet d'un double DVD sorti en octobre 2005, Still Growing Up Live, où l'on retrouve l'intégrale d'un concert filmé ainsi qu'un documentaire consacré au chanteur réalisé par sa propre fille, Anna. Entre temps, un autre DVD était sorti, Play, rassemblant 25 clips vidéo d'un artiste qui a toujours été un pionnier dans ce domaine. En juillet 2005, il participe à l'immense concert Live8 avec son propre projet, Africa Calling, qui rassemble plusieurs grands artistes africains.

Peter Gabriel est aujourd'hui mondialement reconnu et respecté, non seulement pour sa musique, mais également pour ses divers engagements politiques et humanitaires. Il reçoit ainsi depuis quelques années de nombreux hommages et récompenses. En 2006, on lui remet un Q Award et un Ivor Novello Award pour l'ensemble de sa carrière, tandis que le 27 novembre il est désigné « Homme de la paix 2006 » lors d'un sommet des lauréats des Prix Nobel. Mais l'artiste ne se repose pas pour autant sur ses lauriers et il bouillonne toujours autant d'idées. Parmi ses multiples projets toujours en chantier, on note l'enregistrement d'un nouvel album, I/O (qu'il désire produire seul, sans maison de disques, grâce à une souscription), d'une suite d'Ovo (Son of Ovo !) et d'un disque acoustique.

Finalement, Scratch My Back qui sort en février 2010 est un album de reprises. Peter Gabriel reprend ainsi des titres de David Bowie, Lou Reed, Neil Young, Radiohead, Arcade Fire, Regina Spektor ou encore Elbow et Randy Newman. Produit par Bob Ezrin (Alice Cooper, Pink Floyd, Kiss, Lou Reed) cet opus revisite entièrement des titres des artistes précités d'une manière totalement réarrangée puisque un orchestre symphonique a été convoqué pour l'occasion. C'est toujours avec le concours de quarante-deux musiciens classiques que Peter Gabriel livre en 2011 New Blood où il revisite sa propre carrière solo. En septembre 2013, il livre la suite de Scratch My Back avec And I'll Scratch Yours où les stars Lou Reed, Paul Simon, David Byrne, Randy Newman, Brian Eno, Arcade Fire, Feist et Elbow lui rendent la pareille. Copyright 2014 Music Story Stan Cuesta

Peter Gabriel naît le 13 février 1950 dans le Surrey. En 1965, il fonde Genesis avec des copains d'école. Il en est le chanteur, mais joue également de la flûte traversière, écrit la majorité des textes et développe quasiment seul l'aspect visuel des shows du groupe. De 1969 à 1975, Genesis publie six albums studio qui donnent ses lettres de noblesse à un genre qu'on appelle alors « rock progressif », une musique assez complexe et sophistiquée. Mais, là où d'autres formations pratiquant ce style musical mettent l'accent sur les prouesses instrumentales (King Crimson, Yes et surtout Emerson, Lake & Palmer), Genesis n'oublie jamais de composer d'excellentes chansons et surtout, grâce à Gabriel, développe une théâtralité impressionnante qui donne à ses concerts une dimension nouvelle, annonçant ce qu'on appellera plus tard les spectacles multimédia.

Pour jouer les différents personnages de ses chansons de plus en plus élaborées, il transforme constamment sa voix, chantant dans différents registres, technique qui deviendra sa marque de fabrique et qu'il continuera d'employer sur ses premiers albums solo. Il utilise également de nombreux masques, costumes, accessoires et maquillages outranciers. Les autres membres du groupe, essentiellement intéressés par la musique, commencent à reprocher à Peter Gabriel de détourner l'attention du public. Ces divergences vont atteindre un point de non-retour en 1974 à la sortie de The Lamb Lies Down On Broadway, un double album conceptuel dont l'histoire a intégralement été imaginée et écrite par Gabriel, qui y a beaucoup travaillé seul, à l'écart du groupe. Avec un premier disque constitué de chansons pop énergiques à la violence très urbaine, The Lamb... ressemble effectivement plus à un premier album solo de Peter Gabriel qu'à la suite du pastoral et délicat Selling England by the Pound, le précédent Genesis. Gabriel annonce alors logiquement qu'il quittera le groupe à la fin de la tournée The Lamb. La séparation est effective en mai 1975.

Le nouveau départ de Peter Gabriel

C'est un double traumatisme pour les fans : pour eux, Gabriel incarne Genesis et, si personne ne donne très cher de la peau du chanteur en solo, pour tout le monde, le groupe est fini... Pourtant, Genesis continuera sa carrière et, avec le batteur Phil Collins au chant, simplifiera sa musique et obtiendra un succès qu'il n'aurait peut-être jamais connu avec Peter Gabriel.

Ce dernier compose alors les chansons qui vont constituer son premier album solo, dont « Solsbury Hill » dans laquelle il évoque les raisons de son départ de Genesis et sa joie d'être enfin libre. Ce titre sera son premier succès en solo (n°68 au Etats-Unis). L'album sort en février 1977. Pour le produire, Gabriel a choisi le Canadien Bob Ezrin, sorte de génie de la démesure, connu pour son travail avec Alice Cooper, Lou Reed (Berlin) puis, plus tard, Pink Floyd (The Wall) et, de façon plus anecdotique, Téléphone (Dure Limite). Le disque est enregistré à Toronto, dans le fief d'Ezrin et celui-ci convoque ses musiciens habituels, les deux flamboyants guitaristes Steve Hunter et Dick Wagner, le clavier Jozef Chirowski et le batteur Allan Schwatzberg. Cette équipe confère à l'album de Gabriel un son gigantesque renforcé par la présence du London Symphony Orchestra au grand complet. On est loin de la préciosité de Genesis et les fans sont légèrement décontenancés. Gabriel expliquera par la suite qu'ayant perdu tous ses repères et se retrouvant seul, sans le groupe avec lequel il jouait depuis son adolescence, il avait besoin de se rassurer avec une équipe très professionnelle. On retrouve néanmoins sur ce disque deux musiciens qui vont beaucoup compter pour lui, le bassiste Tony Levin, qui l'accompagnera tout au long de sa carrière, et le génial guitariste Robert Fripp, leader et fondateur de King Crimson, qu'il reformera d'ailleurs en 1979 avec... Tony Levin à la basse.

Fripp accompagne discrètement Gabriel lors de sa première tournée en solo, qui comprend son premier concert français, à la Fête de L'Humanité, le 10 septembre 1977 : il n'apparaît pas sur scène, jouant caché derrière les amplis. Dans la foulée, le guitariste produit le second album de Peter Gabriel qui, tout comme le premier, n'a pas de titre, si ce n'est Peter Gabriel : le chanteur veut que ses albums soient comme « des éditions différentes d'un même magazine ». La maison de disques s'arrache les cheveux, d'autant plus qu'il répétera la blague avec les deux suivants. On prendra l'habitude de leur donner des numéros ou, aux Etats-Unis, un sous-titre plus ou moins explicite en référence à la pochette : Car (voiture) pour le premier, puis Scratch (griffure), Melt (fonte) et Security...

Gabriel ne fait pas dans la facilité : ce deuxième album ne possède ni la luxuriance sonore du précédent, ni un hit évident du calibre de « Solsbury Hill ». C'est ce qu'on appelle un album « de transition », qui permet à Peter Gabriel de s'approcher du style plus personnel qu'il va bientôt développer avec grand succès et dont les caractéristiques sont alors le recours croissant à l'électronique et aux synthétiseurs (Larry Fast), au Chapman Stick en lieu et place de la basse (toujours Tony Levin) et à une batterie de plus en plus lourde (Jerry Marotta). Ces musiciens vont également constituer le noyau du groupe de tournée, une formation soudée par les concerts qui, en décembre 1978, enflamme le Pavillon Baltard de Nogent-sur-Marne (oui, celui qui abrite aujourd'hui La Nouvelle Star, les temps changent...).

Peter Gabriel et la « world music »

En été 1979, Peter Gabriel enregistre sous la houlette du producteur Steve Lillywhite. Le résultat, son troisième album qui sort en mai 1980, est un succès artistique et commercial, notamment grâce aux chansons « Games Without Frontiers » (sur lequel il chante avec Kate Bush) et « Biko ». Cette dernière, dédiée à l'activiste anti-apartheid assassiné en Afrique du Sud, fera le tour du monde et déterminera l'engagement de son auteur dans de nombreuses causes défendant les droits de l'homme. L'album suivant développe les mêmes ambiances électroniques en y ajoutant un soupçon de rythmes africains (« The Rhythm of the Heat ») et latins (« San Jacinto »), premiers indices de l'intérêt de Gabriel pour la « world music ». Publié en septembre 1982, il obtient encore plus de succès, notamment aux Etats-Unis grâce au single « Shock the Monkey » (son premier titre à entrer dans le Top 40 américain).

Au même moment, Peter Gabriel lance le festival WOMAD (World of Music, Arts and Dance), destiné à faire connaître différentes cultures et musiques du monde à une audience occidentale. Pour le financer, le chanteur se produit avec ses anciens camarades de Genesis lors d'un unique concert de reformation, le 2 octobre 1982. Puis il s'embarque dans une tournée en solo dont sera tiré son premier disque enregistré en concert, Plays Live, double album paru en 1983, qui reprend des titres de ses quatre albums studio.

Fin 1984, Peter Gabriel s'attaque à une nouvelle expérience : avec le producteur Daniel Lanois, il enregistre sa première musique de film, pour Birdy d'Alan Parker. Pour ce faire, il compose en studio des musiques instrumentales originales, mais retravaille également des titres de son quatrième album en les remixant, une méthode qui consolide sa position de précurseur de la musique électronique. L'album de la bande originale sort en 1985 et reçoit de nombreuses louanges, tandis que le film remporte le Grand Prix du Jury au Festival de Cannes. La même année, Peter Gabriel fonde Real World, une compagnie prolongeant son action entamée avec WOMAD, destinée à établir des passerelles entre la technologie occidentale et les musiques du monde les plus diverses. Il inaugure ainsi le studio Real World à Bath, petite merveille ultramoderne située dans un cadre somptueux, ainsi que le label du même nom qui publiera, outre ses propres albums, des disques de chanteurs et groupes venus du monde entier parmi lesquels Youssou N'Dour et Nusrat Fateh Ali Khan.

So, un succès commercial

En mai 1986, Peter Gabriel sort son plus grand succès commercial, l'album So, emmené par l'énergique single « Sledgehammer », un hommage aux chanteurs soul des années 1960 et tout particulièrement à Otis Redding. Ce titre sera propulsé aux sommets des charts anglais et américains par une vidéo totalement novatrice, mélangeant diverses techniques d'animation. C'est la vidéo la plus primée de l'histoire du clip (la plus jouée de tous les temps sur MTV, meilleure vidéo de tous les temps pour le magazine Rolling Stone, etc.). L'album, qui comprend d'autres hits comme « Big Time » et « In Your Eyes » ainsi que le duo avec Kate Bush, « Don't Give Up », sera certifié multi-platine et vaudra à son auteur une véritable stature de star internationale. N'importe quel autre artiste aurait capitalisé sur ce succès en enchaînant par une grosse tournée lucrative, un nouvel album copie carbone du précédent et autres fadaises habituelles signalant généralement l'abandon de toute prise de risque et de toute ambition artistique. Mais Peter Gabriel est un homme à part. Il ne retrouvera jamais le succès de So pour une simple raison : il n'essaiera jamais. Son album suivant sortira d'ailleurs... six ans plus tard.

Entre temps, il va diversifier ses activités, développant Real World, écrivant des musiques de film et s'engageant plus avant dans des causes humanitaires. Ainsi, à l'été 1986, il s'embarque dans une tournée de soutien à Amnesty International avec Sting, U2 et Joan Baez. Il organise également la suivante, Human Rights Now !, en 1988, parcourant le monde en compagnie de Bruce Springsteen, Sting, Tracey Chapman et Youssou N'Dour (la tournée passe par Bercy avec Michel Jonasz en vedette locale). Il participe également cette année-là et en 1990 au concert de soutien à Nelson Mandela, à Wembley.

La Passion de Peter Gabriel

En juin 1989, il publie Passion, la musique du film de Martin Scorsese, La Dernière tentation du Christ, où il mélange avec succès world music et électronique. Cet album expérimental et novateur remportera le Grammy Award du « Meilleur album New Age »... Comme il a du mal à trouver le temps de se consacrer à son prochain album solo, une compilation, Shaking the Trees, est publiée fin 1990. Elle comprend un nouveau morceau (qui donne son titre à l'album) écrit avec Youssou N'Dour, ainsi que quinze de ses classiques (et donc aucun extrait de son second disque). Le nouvel album Us sort enfin au printemps 1992. Plus sombre que So (Gabriel sort d'un divorce douloureux), il obtient évidemment moins de succès. Tout est relatif : Us est certifié Disque de platine et le titre « Steam » (qui rappelle fortement « Sledgehammer ») se classe dans le Top 40. Dans la foulée, en avril 1993, le chanteur s'engage dans une grande tournée très ambitieuse mise en scène par Robert Le Page, The Secret World Tour, qui parcourt le monde pendant 18 mois, touchant plus d'un million de spectateurs répartis sur les cinq continents. En août 1994 sortent un double album live et une vidéo enregistrés sur cette tournée, Secret World Live.

Peter Gabriel, toujours passionné par la technologie de pointe, fonde alors Real World Multimedia qui va développer son site internet et publier des CD-Rom expérimentaux, dont son propre XPLORA. L'exploration de l'univers du multimédia va occuper le chanteur jusqu'à la fin des années 1990. Il participe également à l'organisation d'un immense spectacle pour le passage au troisième millénaire, au Millenium Dome de Londres, le 1er janvier 2000. Il en compose la musique qui sort en juin sous le titre Ovo, un album très varié qui désarçonne légèrement son public, pourtant maintenant habitué à ce foisonnement créatif. En avril 2002, il publie The Long Walk Home, la musique du film Le Chemin de la liberté de Philip Noyce, un album instrumental à base de claviers électroniques créant d'étonnants paysages sonores. En septembre, un nouvel album de chansons, Up, voit le jour, produit, pour la première fois de sa carrière, par Peter Gabriel lui-même. Il est suivi de la tournée Growing Up. Un DVD de celle-ci est publié en septembre 2003, ainsi qu'une nouvelle compilation, Hit, qui reprend des titres de tous ses albums, musiques de films comprises, et offre quelques inédits.

En 2004, il relance la tournée (judicieusement nommée Still Growing Up) qui fera l'objet d'un double DVD sorti en octobre 2005, Still Growing Up Live, où l'on retrouve l'intégrale d'un concert filmé ainsi qu'un documentaire consacré au chanteur réalisé par sa propre fille, Anna. Entre temps, un autre DVD était sorti, Play, rassemblant 25 clips vidéo d'un artiste qui a toujours été un pionnier dans ce domaine. En juillet 2005, il participe à l'immense concert Live8 avec son propre projet, Africa Calling, qui rassemble plusieurs grands artistes africains.

Peter Gabriel est aujourd'hui mondialement reconnu et respecté, non seulement pour sa musique, mais également pour ses divers engagements politiques et humanitaires. Il reçoit ainsi depuis quelques années de nombreux hommages et récompenses. En 2006, on lui remet un Q Award et un Ivor Novello Award pour l'ensemble de sa carrière, tandis que le 27 novembre il est désigné « Homme de la paix 2006 » lors d'un sommet des lauréats des Prix Nobel. Mais l'artiste ne se repose pas pour autant sur ses lauriers et il bouillonne toujours autant d'idées. Parmi ses multiples projets toujours en chantier, on note l'enregistrement d'un nouvel album, I/O (qu'il désire produire seul, sans maison de disques, grâce à une souscription), d'une suite d'Ovo (Son of Ovo !) et d'un disque acoustique.

Finalement, Scratch My Back qui sort en février 2010 est un album de reprises. Peter Gabriel reprend ainsi des titres de David Bowie, Lou Reed, Neil Young, Radiohead, Arcade Fire, Regina Spektor ou encore Elbow et Randy Newman. Produit par Bob Ezrin (Alice Cooper, Pink Floyd, Kiss, Lou Reed) cet opus revisite entièrement des titres des artistes précités d'une manière totalement réarrangée puisque un orchestre symphonique a été convoqué pour l'occasion. C'est toujours avec le concours de quarante-deux musiciens classiques que Peter Gabriel livre en 2011 New Blood où il revisite sa propre carrière solo. En septembre 2013, il livre la suite de Scratch My Back avec And I'll Scratch Yours où les stars Lou Reed, Paul Simon, David Byrne, Randy Newman, Brian Eno, Arcade Fire, Feist et Elbow lui rendent la pareille. Copyright 2014 Music Story Stan Cuesta

Peter Gabriel naît le 13 février 1950 dans le Surrey. En 1965, il fonde Genesis avec des copains d'école. Il en est le chanteur, mais joue également de la flûte traversière, écrit la majorité des textes et développe quasiment seul l'aspect visuel des shows du groupe. De 1969 à 1975, Genesis publie six albums studio qui donnent ses lettres de noblesse à un genre qu'on appelle alors « rock progressif », une musique assez complexe et sophistiquée. Mais, là où d'autres formations pratiquant ce style musical mettent l'accent sur les prouesses instrumentales (King Crimson, Yes et surtout Emerson, Lake & Palmer), Genesis n'oublie jamais de composer d'excellentes chansons et surtout, grâce à Gabriel, développe une théâtralité impressionnante qui donne à ses concerts une dimension nouvelle, annonçant ce qu'on appellera plus tard les spectacles multimédia.

Pour jouer les différents personnages de ses chansons de plus en plus élaborées, il transforme constamment sa voix, chantant dans différents registres, technique qui deviendra sa marque de fabrique et qu'il continuera d'employer sur ses premiers albums solo. Il utilise également de nombreux masques, costumes, accessoires et maquillages outranciers. Les autres membres du groupe, essentiellement intéressés par la musique, commencent à reprocher à Peter Gabriel de détourner l'attention du public. Ces divergences vont atteindre un point de non-retour en 1974 à la sortie de The Lamb Lies Down On Broadway, un double album conceptuel dont l'histoire a intégralement été imaginée et écrite par Gabriel, qui y a beaucoup travaillé seul, à l'écart du groupe. Avec un premier disque constitué de chansons pop énergiques à la violence très urbaine, The Lamb... ressemble effectivement plus à un premier album solo de Peter Gabriel qu'à la suite du pastoral et délicat Selling England by the Pound, le précédent Genesis. Gabriel annonce alors logiquement qu'il quittera le groupe à la fin de la tournée The Lamb. La séparation est effective en mai 1975.

Le nouveau départ de Peter Gabriel

C'est un double traumatisme pour les fans : pour eux, Gabriel incarne Genesis et, si personne ne donne très cher de la peau du chanteur en solo, pour tout le monde, le groupe est fini... Pourtant, Genesis continuera sa carrière et, avec le batteur Phil Collins au chant, simplifiera sa musique et obtiendra un succès qu'il n'aurait peut-être jamais connu avec Peter Gabriel.

Ce dernier compose alors les chansons qui vont constituer son premier album solo, dont « Solsbury Hill » dans laquelle il évoque les raisons de son départ de Genesis et sa joie d'être enfin libre. Ce titre sera son premier succès en solo (n°68 au Etats-Unis). L'album sort en février 1977. Pour le produire, Gabriel a choisi le Canadien Bob Ezrin, sorte de génie de la démesure, connu pour son travail avec Alice Cooper, Lou Reed (Berlin) puis, plus tard, Pink Floyd (The Wall) et, de façon plus anecdotique, Téléphone (Dure Limite). Le disque est enregistré à Toronto, dans le fief d'Ezrin et celui-ci convoque ses musiciens habituels, les deux flamboyants guitaristes Steve Hunter et Dick Wagner, le clavier Jozef Chirowski et le batteur Allan Schwatzberg. Cette équipe confère à l'album de Gabriel un son gigantesque renforcé par la présence du London Symphony Orchestra au grand complet. On est loin de la préciosité de Genesis et les fans sont légèrement décontenancés. Gabriel expliquera par la suite qu'ayant perdu tous ses repères et se retrouvant seul, sans le groupe avec lequel il jouait depuis son adolescence, il avait besoin de se rassurer avec une équipe très professionnelle. On retrouve néanmoins sur ce disque deux musiciens qui vont beaucoup compter pour lui, le bassiste Tony Levin, qui l'accompagnera tout au long de sa carrière, et le génial guitariste Robert Fripp, leader et fondateur de King Crimson, qu'il reformera d'ailleurs en 1979 avec... Tony Levin à la basse.

Fripp accompagne discrètement Gabriel lors de sa première tournée en solo, qui comprend son premier concert français, à la Fête de L'Humanité, le 10 septembre 1977 : il n'apparaît pas sur scène, jouant caché derrière les amplis. Dans la foulée, le guitariste produit le second album de Peter Gabriel qui, tout comme le premier, n'a pas de titre, si ce n'est Peter Gabriel : le chanteur veut que ses albums soient comme « des éditions différentes d'un même magazine ». La maison de disques s'arrache les cheveux, d'autant plus qu'il répétera la blague avec les deux suivants. On prendra l'habitude de leur donner des numéros ou, aux Etats-Unis, un sous-titre plus ou moins explicite en référence à la pochette : Car (voiture) pour le premier, puis Scratch (griffure), Melt (fonte) et Security...

Gabriel ne fait pas dans la facilité : ce deuxième album ne possède ni la luxuriance sonore du précédent, ni un hit évident du calibre de « Solsbury Hill ». C'est ce qu'on appelle un album « de transition », qui permet à Peter Gabriel de s'approcher du style plus personnel qu'il va bientôt développer avec grand succès et dont les caractéristiques sont alors le recours croissant à l'électronique et aux synthétiseurs (Larry Fast), au Chapman Stick en lieu et place de la basse (toujours Tony Levin) et à une batterie de plus en plus lourde (Jerry Marotta). Ces musiciens vont également constituer le noyau du groupe de tournée, une formation soudée par les concerts qui, en décembre 1978, enflamme le Pavillon Baltard de Nogent-sur-Marne (oui, celui qui abrite aujourd'hui La Nouvelle Star, les temps changent...).

Peter Gabriel et la « world music »

En été 1979, Peter Gabriel enregistre sous la houlette du producteur Steve Lillywhite. Le résultat, son troisième album qui sort en mai 1980, est un succès artistique et commercial, notamment grâce aux chansons « Games Without Frontiers » (sur lequel il chante avec Kate Bush) et « Biko ». Cette dernière, dédiée à l'activiste anti-apartheid assassiné en Afrique du Sud, fera le tour du monde et déterminera l'engagement de son auteur dans de nombreuses causes défendant les droits de l'homme. L'album suivant développe les mêmes ambiances électroniques en y ajoutant un soupçon de rythmes africains (« The Rhythm of the Heat ») et latins (« San Jacinto »), premiers indices de l'intérêt de Gabriel pour la « world music ». Publié en septembre 1982, il obtient encore plus de succès, notamment aux Etats-Unis grâce au single « Shock the Monkey » (son premier titre à entrer dans le Top 40 américain).

Au même moment, Peter Gabriel lance le festival WOMAD (World of Music, Arts and Dance), destiné à faire connaître différentes cultures et musiques du monde à une audience occidentale. Pour le financer, le chanteur se produit avec ses anciens camarades de Genesis lors d'un unique concert de reformation, le 2 octobre 1982. Puis il s'embarque dans une tournée en solo dont sera tiré son premier disque enregistré en concert, Plays Live, double album paru en 1983, qui reprend des titres de ses quatre albums studio.

Fin 1984, Peter Gabriel s'attaque à une nouvelle expérience : avec le producteur Daniel Lanois, il enregistre sa première musique de film, pour Birdy d'Alan Parker. Pour ce faire, il compose en studio des musiques instrumentales originales, mais retravaille également des titres de son quatrième album en les remixant, une méthode qui consolide sa position de précurseur de la musique électronique. L'album de la bande originale sort en 1985 et reçoit de nombreuses louanges, tandis que le film remporte le Grand Prix du Jury au Festival de Cannes. La même année, Peter Gabriel fonde Real World, une compagnie prolongeant son action entamée avec WOMAD, destinée à établir des passerelles entre la technologie occidentale et les musiques du monde les plus diverses. Il inaugure ainsi le studio Real World à Bath, petite merveille ultramoderne située dans un cadre somptueux, ainsi que le label du même nom qui publiera, outre ses propres albums, des disques de chanteurs et groupes venus du monde entier parmi lesquels Youssou N'Dour et Nusrat Fateh Ali Khan.

So, un succès commercial

En mai 1986, Peter Gabriel sort son plus grand succès commercial, l'album So, emmené par l'énergique single « Sledgehammer », un hommage aux chanteurs soul des années 1960 et tout particulièrement à Otis Redding. Ce titre sera propulsé aux sommets des charts anglais et américains par une vidéo totalement novatrice, mélangeant diverses techniques d'animation. C'est la vidéo la plus primée de l'histoire du clip (la plus jouée de tous les temps sur MTV, meilleure vidéo de tous les temps pour le magazine Rolling Stone, etc.). L'album, qui comprend d'autres hits comme « Big Time » et « In Your Eyes » ainsi que le duo avec Kate Bush, « Don't Give Up », sera certifié multi-platine et vaudra à son auteur une véritable stature de star internationale. N'importe quel autre artiste aurait capitalisé sur ce succès en enchaînant par une grosse tournée lucrative, un nouvel album copie carbone du précédent et autres fadaises habituelles signalant généralement l'abandon de toute prise de risque et de toute ambition artistique. Mais Peter Gabriel est un homme à part. Il ne retrouvera jamais le succès de So pour une simple raison : il n'essaiera jamais. Son album suivant sortira d'ailleurs... six ans plus tard.

Entre temps, il va diversifier ses activités, développant Real World, écrivant des musiques de film et s'engageant plus avant dans des causes humanitaires. Ainsi, à l'été 1986, il s'embarque dans une tournée de soutien à Amnesty International avec Sting, U2 et Joan Baez. Il organise également la suivante, Human Rights Now !, en 1988, parcourant le monde en compagnie de Bruce Springsteen, Sting, Tracey Chapman et Youssou N'Dour (la tournée passe par Bercy avec Michel Jonasz en vedette locale). Il participe également cette année-là et en 1990 au concert de soutien à Nelson Mandela, à Wembley.

La Passion de Peter Gabriel

En juin 1989, il publie Passion, la musique du film de Martin Scorsese, La Dernière tentation du Christ, où il mélange avec succès world music et électronique. Cet album expérimental et novateur remportera le Grammy Award du « Meilleur album New Age »... Comme il a du mal à trouver le temps de se consacrer à son prochain album solo, une compilation, Shaking the Trees, est publiée fin 1990. Elle comprend un nouveau morceau (qui donne son titre à l'album) écrit avec Youssou N'Dour, ainsi que quinze de ses classiques (et donc aucun extrait de son second disque). Le nouvel album Us sort enfin au printemps 1992. Plus sombre que So (Gabriel sort d'un divorce douloureux), il obtient évidemment moins de succès. Tout est relatif : Us est certifié Disque de platine et le titre « Steam » (qui rappelle fortement « Sledgehammer ») se classe dans le Top 40. Dans la foulée, en avril 1993, le chanteur s'engage dans une grande tournée très ambitieuse mise en scène par Robert Le Page, The Secret World Tour, qui parcourt le monde pendant 18 mois, touchant plus d'un million de spectateurs répartis sur les cinq continents. En août 1994 sortent un double album live et une vidéo enregistrés sur cette tournée, Secret World Live.

Peter Gabriel, toujours passionné par la technologie de pointe, fonde alors Real World Multimedia qui va développer son site internet et publier des CD-Rom expérimentaux, dont son propre XPLORA. L'exploration de l'univers du multimédia va occuper le chanteur jusqu'à la fin des années 1990. Il participe également à l'organisation d'un immense spectacle pour le passage au troisième millénaire, au Millenium Dome de Londres, le 1er janvier 2000. Il en compose la musique qui sort en juin sous le titre Ovo, un album très varié qui désarçonne légèrement son public, pourtant maintenant habitué à ce foisonnement créatif. En avril 2002, il publie The Long Walk Home, la musique du film Le Chemin de la liberté de Philip Noyce, un album instrumental à base de claviers électroniques créant d'étonnants paysages sonores. En septembre, un nouvel album de chansons, Up, voit le jour, produit, pour la première fois de sa carrière, par Peter Gabriel lui-même. Il est suivi de la tournée Growing Up. Un DVD de celle-ci est publié en septembre 2003, ainsi qu'une nouvelle compilation, Hit, qui reprend des titres de tous ses albums, musiques de films comprises, et offre quelques inédits.

En 2004, il relance la tournée (judicieusement nommée Still Growing Up) qui fera l'objet d'un double DVD sorti en octobre 2005, Still Growing Up Live, où l'on retrouve l'intégrale d'un concert filmé ainsi qu'un documentaire consacré au chanteur réalisé par sa propre fille, Anna. Entre temps, un autre DVD était sorti, Play, rassemblant 25 clips vidéo d'un artiste qui a toujours été un pionnier dans ce domaine. En juillet 2005, il participe à l'immense concert Live8 avec son propre projet, Africa Calling, qui rassemble plusieurs grands artistes africains.

Peter Gabriel est aujourd'hui mondialement reconnu et respecté, non seulement pour sa musique, mais également pour ses divers engagements politiques et humanitaires. Il reçoit ainsi depuis quelques années de nombreux hommages et récompenses. En 2006, on lui remet un Q Award et un Ivor Novello Award pour l'ensemble de sa carrière, tandis que le 27 novembre il est désigné « Homme de la paix 2006 » lors d'un sommet des lauréats des Prix Nobel. Mais l'artiste ne se repose pas pour autant sur ses lauriers et il bouillonne toujours autant d'idées. Parmi ses multiples projets toujours en chantier, on note l'enregistrement d'un nouvel album, I/O (qu'il désire produire seul, sans maison de disques, grâce à une souscription), d'une suite d'Ovo (Son of Ovo !) et d'un disque acoustique.

Finalement, Scratch My Back qui sort en février 2010 est un album de reprises. Peter Gabriel reprend ainsi des titres de David Bowie, Lou Reed, Neil Young, Radiohead, Arcade Fire, Regina Spektor ou encore Elbow et Randy Newman. Produit par Bob Ezrin (Alice Cooper, Pink Floyd, Kiss, Lou Reed) cet opus revisite entièrement des titres des artistes précités d'une manière totalement réarrangée puisque un orchestre symphonique a été convoqué pour l'occasion. C'est toujours avec le concours de quarante-deux musiciens classiques que Peter Gabriel livre en 2011 New Blood où il revisite sa propre carrière solo. En septembre 2013, il livre la suite de Scratch My Back avec And I'll Scratch Yours où les stars Lou Reed, Paul Simon, David Byrne, Randy Newman, Brian Eno, Arcade Fire, Feist et Elbow lui rendent la pareille. Copyright 2014 Music Story Stan Cuesta


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