Extrait
Extrait de l'introduction
Pourquoi cultive-t-on des roses ?
Aujourd'hui, tout le monde en France peut se procurer facilement des rosiers, et pas uniquement les gens fortunés qui, seuls ou presque, avaient encore au XIXe siècle, voire au début du XXe siècle; le privilège d'en cultiver des parterres et de les exhiber comme n'importe quelles autres «parures» telles que les vêtements ou les bijoux. La rose n'est plus un signe de richesse. Ce n'est plus LA fleur du jardin : il y en a tant d'autres désormais.
La rose pourrait n'être plus qu'une fleur parmi d'autres. Sauf qu'elle a quelque chose de tout à fait fascinant : ce peut être une forme, un parfum, ou un tout qui fait que, dès la petite enfance, c'est une fleur qui marque autant que ce Ile du pissenlit, mais qui, elle, laisse encore les plus doux souvenirs. Les bouquets de roses accompagnent nos jours et nos nuits mieux que toute autre fleur. Ainsi finit-on par les aimer par nostalgie. Ou par amour de la beauté. Ou par amour tout court !
"Roses anciennes et rose modernes
Qu'importe alors le clivage roses anciennes et roses modernes. À quoi rimerait de renoncer aux unes ou aux autres quand il existe parmi toutes ces roses autant de merveilles, assez pour fleurir tous les styles de jardins et séduire tous les jardiniers ?
Les roses sont de fait si proches de nous, faisant comme partie de la famille, qu'elles sont peut-être les seules fleurs capables d'alimenter les conflits de génération. On compte en effet dans chaque famille des partisans de roses anciennes et des partisans de roses modernes. C'est qu'en un siècle, il s'en est passé des choses ! Au début du XXe siècle, on n'avait pas le choix : on cultivait des roses anciennes. Après guerre, les roses modernes firent leur entrée dans le monde. Elles cohabitèrent un temps avec les roses anciennes, mais la modernité finit par l'emporter. Ainsi donc, nombre de nouvelles roses virent le jour au point que l'on perdit de vue les roses anciennes, jusqu'à perdre tout court certaines d'entre elles. Et une nouvelle fois, dans les années 1970, on n'eut plus le choix : on ne trouvait presque plus de roses anciennes dans le commerce, mais seulement au fond de vieux jardins abandonnés ou dans les cimetières. Les amateurs et les professionnels épris de liberté, peines par l'impossibilité de choisir, s'en allèrent alors à la recherche des roses oubliées et en retrouvèrent assez pour qu'aujourd'hui l'on ait enfin le plaisir délicat d'hésiter entre roses anciennes et roses modernes.
Biographie de l'auteur
Une passion égale pour le jardin et l'écriture a conduit Nadia de Kermel à devenir journaliste horticole. Collaborant à plusieurs revues dédiées au jardinage, comme L'Ami des jardins et de la maison, elle est aussi l'auteur de nombreux ouvrages sur le jardin. Son livre En vert et malgré tout, coécrit avec Jean-Paul Collaert, a reçu le prix Saint-Fiacre en 2005.