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14 internautes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
C'est sans doute par ce livre-là qu'il faut commencer... d'urgence.,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Petit cours d'autodéfense en économie : L'abc du capitalisme (Broché)
Tous ceux qui ne sont pas totalement abrutis par la frénésie consumériste savent, au moins depuis 2008, sinon depuis bien avant pour ceux qui s'intéressent avec intégrité aux effets de l'économie libérale sur le monde, que, non seulement le capitalisme va mal, mais que, même s'il allait bien, il ferait quand même aller mal les peuples qu'il exploite avec acharnement et en toute impunité depuis qu'il existe, en raison de ses fondements mêmes. Non, la crise qui touche nos nations n'est pas due à une série d'accidents de parcours, à des dysfonctionnements de l'économie de marché, mais bien aux principes qui régissent la logique capitaliste.Or, si on n'a pas suivi de cours d'économie, on a beau se douter que ce qui nous arrive aujourd'hui est le fait d'une mauvaise politique, et non de l'irresponsabilité des populations, comme les médias ne cessent de nous le marteler pour nous faire accepter tous les sacrifices, si on n'a pas les connaissances requises, donc, on ne sait comment comprendre ce qui se passe, ni comment se battre contre les "économistes", "spécialistes" et autres "experts" qui nous assènent des pseudo-vérités ultra- ou néolibérales, sempiternellement basées sur les mêmes notions de croissance, de dette, de PIB, de flexibilité insuffisante, de confiance des marchés etc... Impuissant, par ignorance, devant ces chantres de la dérégulation à tout-va, ne nous proposant que des fausses solutions et des grilles de lecture univoques restant à l'intérieur du système capitaliste sans le remettre en cause, on se dit qu'il doit bien y avoir un moyen de dynamiter tous ces arguments spécieux, et on a le sentiment que ce système doit bien avoir des vices qui le rendent responsable de ce qui se passe... C'est ce que vous propose ce "Petit cours d'autodéfense en économie, l'ABC du capitalisme", qui n'est pas un énième bouquin de circonstance, comme il en sort beaucoup depuis le début de la crise, tous apportant des informations et avis séduisants, mais se répétant, et abordant tel ou tel aspect conjoncturel lié à l'actualité, sans vision synthétique de l'ensemble du système capitaliste, sans véritablement en expliquer les rouages et la logique globale. Or, ce livre vous apporte, comme son titre l'indique, les connaissances techniques de base que vous cherchez, pour enfin savoir de quoi il retourne, et vous confirmer dans l'idée que le capitalisme est par essence un mauvais système. Bien sûr, il y a beaucoup de gens à le savoir, et depuis longtemps (à commencer par les marxistes), mais ce livre de 500 pages (quand même), issu d'un vrai cours rédigé pour des salariés, dans le cadre d'un syndicat, par Jim Stanford, économiste canadien faisant partie de ce qu'on appelle les économistes hétérodoxes, est conçu comme une initiation à la portée de tout le monde, et apporte une grande quantité de connaissances et d'outils pour démystifier l'économie et la rendre accessible. Méthodiquement construit, il passe en revue, par des synthèses et explications simples, à peu près toutes les notions d'économie utiles à un citoyen responsable et de bonne volonté, partant évidemment des notions élémentaires pour arriver à leurs interactions complexes, mais toujours en restant didactique. Je ne détaillerai pas tous les chapitres, mais Stanford prend d'abord le soin de montrer que l'économie n'est pas une science, et que, par conséquent, les lois qu'elle propose ne sont pas naturelles, incontournables, mais toujours le fruit de choix politiques. Et déjà, comprendre que la logique économique est en fait idéologique et ne s'impose pas d'elle-même, indépendante et neutre, mais n'est que la création d'un ensemble de moyens théoriques pour mettre en ½uvre une politique, et donc une certaine conception de la société et des rapports entre les êtres humains, c'est aussi comprendre qu'il n'y a pas une seule façon de faire de l'économie, mais plusieurs, que l'économie capitaliste n'est pas une fatalité, ce qui est un bon point de départ pour remettre en cause le système dans lequel nous vivons. Et, de fait, Stanford fait un rapide historique des théories économiques, apprenant au néophyte que les "experts" qui occupent les médias et prêchent toujours le même discours s'inscrivent en fait dans une lignée idéologique appelée le néoclassicisme, absolument pas neutre, mais totalement au service d'une conception de rapports sociaux basés sur l'exploitation de la masse par une élite occupée seulement à maximiser ses profits. Bien sûr, ce que je dis là, vous le savez, mais ce que ce livre explique, ce sont les mécanismes du système, et en même temps les bases de la "science" économique, de façon systématique. Et à peu près toutes ses composantes y passent : la croissance, l'inflation, le chômage, la bourse, l'entreprise, l'investissement, la consommation, la monnaie et les banques, dont les banques centrales, les marchés, la finance, la concurrence, le travail, le profit etc. Bref, c'est un ouvrage complet et consciencieux, qui ne se limite pas au contexte de crise que nous connaissons actuellement. Mais est-ce que c'est vraiment accessible ? Oui. Même si je n'étais pas tout à fait néophyte avant d'ouvrir ce livre et connaissais pas mal des notions abordées, mais sans formation économique, je le trouve bien conçu, clair, à condition, parfois, de rester bien attentif, car, après tout, il s'agit d'apprendre... La progression est bien dosée, et la logique économique apparaît bien au fil des chapitres, les notions se raccordant les unes aux autres de façon naturelle et assez évidente pour donner une saisie globale du système et de l'économie en général, ainsi que les critères nécessaires à une analyse des situations économiques relatées par les médias, et l'inadéquation du discours dominant (voire son imposture). Le ton de Stanford n'est pas neutre, on l'aura compris, mais il reste posé, sans aigreur, ne pratique pas l'invective, et montre objectivement l'absurdité et les dangers du capitalisme pour les peuples qui le subissent (c'est-à-dire la planète entière ou presque), tout en reconnaissant, lorsque c'est le cas, les effets positifs de certains mécanismes, montrant là une honnêteté intellectuelle qu'on aimerait bien voir chez les théoriciens de l'autre bord... Enfin, personnellement, j'aurais quelques reproches à faire, qui n'invalident en rien l'urgence de lire ce livre : - L'auteur étant canadien, les tableaux chiffrés qui accompagnent ce cours (j'ai oublié de dire qu'il y en a pas mal), tous très simplifiés, ne présentent que rarement des données concernant la France, et plus souvent les grandes puissances économiques mondiales, ce qui peut être un peu frustrant, car j'aurais aimé avoir des données sur notre situation nationale. D'ailleurs, j'aurais personnellement aimé qu'il y ait davantage de tableaux et de chiffres, car on n'a jamais assez de données précises à présenter à un contradicteur. - Ensuite, j'aurais aussi parfois aimé un style plus net, plus tranché, et peut-être une présentation plus scolaire, avec des outils pédagogiques propres à une mise en page de manuel (jeux sur les couleurs, sur les caractères, entre autres), pour que le propos soit plus pénétrant et les éléments plus faciles à retrouver et à retenir, mais d'autres lecteurs ne ressentiront sans doute pas cela... A ce propos, il manque un index. - N'étant plus néophyte, j'aurais aussi bien aimé que l'exposé aille plus profondément dans le détail, et n'hésite pas à viser un niveau de précision plus complexe, plus technique. La démarche est en effet plus synthétique qu'analytique, et ne permet donc pas d'approfondir, mais il est probable que cela aurait fait manquer au livre son but de vulgarisation la plus large possible. Il faut accepter que ce petit cours se limite à une initiation... - Enfin, la traduction laisse parfois à désirer : au lieu de parler de licenciement, le texte parle de congédiement, terme que je n'avais jamais entendu jusqu'ici. Il parle aussi du TCIS (Taux de Chômage à Inflation Stationnaire), traduction de l'anglais NAIRU (Non Accelerating Inflation Rate of Unemployment), alors que, à ma connaissance, l'appellation NAIRU est entrée dans les m½urs et les discours économiques français, telle quelle (au passage, vous apprendrez sans doute, dans le chapitre qui en parle, que le chômage est un phénomène voulu, planifié, parce que nécessaire au capitalisme, ce qui, si vous ne le saviez pas déjà, va vous faire tout drôle)... - Les derniers chapitres proposent deux perspectives de solutions aux méfaits du capitalisme, soit en... Lire la suite › Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5
Un livre partisan,
Ce commentaire fait référence à cette édition : Petit cours d'autodéfense en économie : L'abc du capitalisme (Broché)
Je voulais un livre pour m'initier à l'économie : dans celui-ci, les premiers chapitres présentent bien les bases, mais les suivants se contentent de répéter ce qui a déjà été dit en approfondissant assez peu. Je ne m'attendais pas non plus à y trouver une critique ouverte du capitalisme, qui se fait de plus en plus pesante et qui prend le dessus sur le véritable cours d'économie.
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