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4.0 étoiles sur 5
COMPTINES A REBOURS, 22 novembre 2010
Si l'on voulait donner une définition du fil harmonique d'Agnes Obel, c'est entre le dépouillement et le délicat abstrait qu'on la trouverait. Et si l'on en précisait la teneur, on pourrait même dire qu'il s'agit d'un drôle d'endroit habité par une sobriété ouatée, craintive quelques fois. Danoise pour l'origine, mais expatriée depuis quelques années à Berlin, Agnes Caroline Thaarup aime les mesure à deux temps, voire trois, les arpèges en substance aussi. Et si dans la vie courante, la jeune femme n'aime pas trop parler d'elle, celle-ci laisse à sa musique, comme à ses textes minimalistes, entière délégation pour peindre sa vision du monde. En effet, plus que les mots, pour un véritable rendez-vous avec l'intrigante Agnes, ce sera par la musique qu'il faudra passer. Avec un piano, tout d'abord. Un piano économe à la manière d'un Erik Satie. Un instrument dont elle se dit plus au service que l'inverse. Pour autant, si noires et blanches savent se faire discrètes, se fondre dans le silence pour mieux extraire l'eau fragile de nos mémoires, ce qui frappe avant tout c'est une voix. Une voix teintée de spleen et de gel matinal qui, à la manière d'un équilibriste, se penche au-dessus du vide pour mieux en observer la fuite. Très présente dans son écriture gris-bleu, la nature, la ville et l'être sont ses principales inspirations. En effet, Agnes ne parle que de ce qu'elle connaît. Elle en parle au travers de très courtes pièces que l'on pourrait qualifier de comptines musicales... mais à sa manière. Ainsi, parfaits exemples du talent de la demoiselle, si Just So, Riverside ou On Powdered Ground bâtissent leurs mondes en quelques images sur de l'ivoire. On notera qu'en terme de mondes, il s'agit plutôt d'univers clos (clos ne voulant pas dire fermés, mais rassurants). Des lieux non communs qui taquinent autant nos sens que notre mémoire. Musicalement, Agnès joue sur l'épure. On sent immédiatement au travers de son disque qu'elle a assimilé toutes les petites fioritures qui font que l'on s'attache à une mélodie. Néanmoins, si elle se sert avec parcimonie de certaines ficelles, l'artiste ne se perd jamais dans le convenu. En fait, son credo serait plutôt de nous faire entrer dans un rêve éveillé. Un rêve construit sur mesures, mais dont les évocations nous appartiendraient. D'ailleurs, concernant la pure évocation, impossible de ne pas souligner la présence de trois instrumentaux, trois libres penseurs mis à notre disposition pour en faire notre chose. D'abord froid, puis étrangement d'un fourmillement agréable, Philharmonics surprend comme peu saisir un morceau de glace sur la langue. A l'évidence, il y a quelque chose d'unique dans cet enregistrement classico-folk. Quelque chose touchant à la grâce qui va bien au-delà de cette voix placée en avant, ce piano gracile, ces quelques cordes et le travail sur l'écho. Aussi, pour mieux en goûter l'essence, rien ne saurait remplacer un plongeon dans ce fjord d'émotions.
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5.0 étoiles sur 5
OBEL du nord : atmosphère, atmosphère..., 2 juin 2011
Quand on dit Danemark, on pense à Bergman (parce qu'au fond, Suédois, Danois, hein...Si les Français étaient des champions de géographie ça se saurait) et à des images de toundra nordique, d'îles noyées sous le brouillard, de gouvernantes inquiétantes au verbe rare et à l'allure sévère. Quand on dit Danemark, on peut également penser à d'autres types de films tels que : "La Petite Sirène change de queue", "Bienvenu au Jute-Land" ou "Le Vit-king de Candy ravie". Dorénavant, il conviendra de penser aussi à Agnès Obel. Certes, la pochette oscille entre "Festin de Babette" et "Sonate d'Automne" et on ne s'attend pas une partie de franche rigolade autour d'une Carlsberg. Mais les compositions d'Obel ne sont pas que lentes, sombres et spectrales. Elles sont plutôt évidentes, sensibles et calmes. Attention : pas molles ! Apaisées. Simples et lyriques. Mélange toujours délicat qui fait vite basculer ce genre de compositions dans la musique d'ascenseur (Qui a dit Enya ?), mais pas là. Si le piano est omniprésent, il est retenu et sobre. Les autres instruments sont toujours fondus de manière optimale et les arrangements sont des modèles du genre. On évoque Satie et Debussy au sujet d'Obel. Il y a de ça. Au niveau des compositions, ils restent un peu devant, mais c'est vrai qu'elle chante mieux ! A côté de ces références incontournables, on pourrait aussi citer, au strict plan mélodique, certains morceaux de Kate Bush. A consommer sans modération.
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5.0 étoiles sur 5
Ma détente absolue, 29 décembre 2011
"Philarmonics" n'est ni plus ni moins qu'un petit bijou d'une finesse et d'une délicatesse infinies. Je ne me lasse pas de l'écouter. Certains lui ont reproché une certaine froideur, moi je trouve cet album magique. Des chansons belles comme des contes de fées sur des airs de piano qui ne sont pas sans rappeler parfois ceux d'Eric Satie. Le thème de la nature y est quasi omniprésent. On écoute, on ferme les yeux, on s'imagine marchant au clair de lune dans les bois, les pieds nus glissant sur la mousse ... Un véritable apaisement pour l'esprit ... une voix pure, sans tralala, juste belle et brute comme un diamant. Je souhaite donc à notre elfe danois une très longue carrière ! puisse-t-elle encore nous apporter beaucoup d'autres albums comme celui-ci. Un peu de douceur dans ce monde de brute.
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