Avec son contemporain Dubuisson, le Sieur Demachy (ou de Machy) fut des fondateurs de l'école française de viole. Malheureusement, son état-civil réduit à néant, et le peu de renseignements dont on dispose, le bannissent de toutes encyclopédies, mêmes parmi celles des plus érudites. C'est pourtant en 1685, un an avant que ne paraisse le premier recueil de Marin Marais, qu'il publia ses huit suites pour viole de gambe. Adepte du pincé de cordes - à la façon du luth, ses compositions laissent percevoir ses prouesses d'instrumentiste. Même si ses disciples en étendront la palette chromatique, son instrument exprime une sensibilité et une inventivité que seuls les plus inspirés et talentueux compositeurs savent convertir. L'atmosphère est élégante et vertueuse mais bienveillante pour la rêverie et l'imagination. Digne du plus grand intérêt, ce disque sans faille se consacre à honorer la mémoire d'un mystérieux mais authentique musicien. Pour tout cela, merci Madame Shishido.