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Commentaires client les plus utiles
6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Relation monstrueuse,
Par D. Legare "Lire c'est respirer" (Ile de France) - Voir tous mes commentaires (TOP 500 COMMENTATEURS) (TESTEURS) (VRAI NOM)
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Pianiste (Poche)
Erika Kohut est professeur de piano au conservatoire de Vienne, après avoir échoué à un concours qui lui aurait permis d'accéder à une carrière plus brillante de concertiste.
Et pourtant ! Après tous les sacrifices et l'éducation scrupuleuse dispensée par sa mère qui se plait à lui rappeler cet échec ! Car, à 36 ans Erika vit toujours avec sa mère et pire encore, elle dort depuis toujours dans le lit maternel. Sa mère règne sur elle, sur ses horaires, sur ses tenues, sur son régime alimentaire, sur ses distractions, et bien sûr elle veille tel un cerbère sur les amours de sa fille. Erika est complètement soumise, et on sent qu'elle a presque renoncé à toute révolte, et finit par se complaire dans cette relation monstrueuse, où la mère et la fille ne forment qu'un seul être bicéphale. Erika est perturbée, elle se mutile, fréquente des cinés pornos et des sous-bois où des couples enfiévrés s'empoignent. Alors, lorsqu'un jeune homme étudiant du conservatoire lui fait part de son désir, Erika ne saura que lui offrir une trame de rapports sado-maso ultra codés propres à annihiler tout sentiment. L'atmosphère de ce roman est dense à souhait, glauque et malsaine. L'écriture est très dense aussi. Pas un espace, pas un chapitre, pas un paragraphe, pas un souffle, tout est écrit d'un trait, d'une traite. On passe du présent, au passé, du concret au virtuel des rêves, ou alors de scènes en cours de déroulement à l'imagination, aux phantasmes. Tout cela pour mieux nous enfermer dans ce couple mère-fille infernal et étouffant. Elfriede Jelinek est une virtuose, la prose est incroyable, la construction aussi, c'est du grand art littéraire. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
De la grande littérature,
Par Satyasaibaba (Belgique) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Pianiste (Poche)
Erika est destinée à l'art. Ainsi en a décidé sa mère. Rien ne devra écarter la jeune fille de ce but ultime, de cette consécration à laquelle elle a droit. N'est-elle pas exceptionnelle ?
Erika va donc grandir assise derrière un piano sous le regard attentif d'une mère qui écartera tous les opportuns et qui la coupera de tout. Mais à 36 ans, Erika n'a pas atteint les sommets de la gloire rêvée pour elle par sa génitrice et n'a toujours pas quitté le cocon maternel... Sans doute n'a-t-elle pas été à la hauteur. Elfriede Jelinek décrypte les conséquences de cet échec. Son livre est dense, féroce, cru, glauque pour révéler par petites touches comment se fabriquent les monstres. Pour y parvenir, elle manipule les mots, déstructure le récit. Il en résulte une écriture particulièrement touffue, d'un seul tenant, pratiquement sans chapitre, sans paragraphe, mais d'une extraordinaire beauté. J'ai rarement lu ouvrage aussi magnifiquement écrit où dialogues, pensées, descriptions se s'interpénètrent pour ne plus constituer qu'un récit d'une limpidité et d'une beauté absolues. Même si le propos n'a rien de réjouissant. Elfriede Jelinek n'a pas usurpé son prix Nobel; quelle écriture ! Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5
Exigeant voire épuisant,
Par Hugues (Washington, USA) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Pianiste (Poche)
Vous n'avez pas passé de longues années à apprendre le piano? Qu'à cela ne tienne, vous pouvez toujours avoir une idée des efforts qu'il vous en aurait coûté en vous lançant dans la lecture de "La Pianiste".
La présentation par Points Seuil de ce roman très exigeant, voire épuisant, gâche beaucoup du plaisir. Le papier est de mauvaise qualité et le texte trop densément imprimé. Plutôt que ces 250 pages, il en aurait probablement fallu 400. Et vu que le lecteur ne respire ni avec le style très touffu, ni avec la ponctuation ou la composition d'Elfriede Jelinek, et que l'intrigue n'est certainement pas le principal attrait du roman, il faut une bonne dose de courage pour aller au bout. Hélas, il ne semble pas y avoir d'autre édition française disponible. Mais c'est une œuvre unique, par un auteur unique. Elle piétine les conventions de la narration classique, avec son narrateur qui allie détachement et ressentiment. Elle crache sur les conventions sociales qui écrasent les femmes ou les esprits libres. Sa colère froide agace par moments, mais c'est peut-être recherché. Le lecteur n'acquiert pas de certitude. Kafka écrivait qu'un livre doit être la hache pour la mer gelée en nous ("ein Buch muß die Axt sein für das gefrorene Meer in uns"); difficile de trouver une hache plus lourde et plus tranchante. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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