5.0 étoiles sur 5
La renommée de Earl Wild perça plutôt tardivement de ce côté de l'Atlantique..., 10 avril 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Piano Concerti 1-4 / Rhapsody on Theme of Paganini (CD)
...et pourtant ce spécialiste du répertoire virtuose, né en 1915, est l'un des plus brillants pianistes que l'Amérique ait formé.
Cette intégrale de l'oeuvre concertante du compositeur russe, gravée à Londres au milieu des années 1960 avec Jascha Horenstein, reste un de ses témoignages discographiques les plus marquants, -et les plus éblouissants.
Les doigts déploient une énergie phénoménale, qui forge le fougueux Concerto n° 1 comme sous les marteaux de Vulcain. L'humeur exaspérée du Vivace mène à une cadence pantelante, secouée par une bourrasque conclusive telle que les micros en ont peu captée.
Réverbérée par l'ample acoustique du Kingsway Hall, la palette est rutilante, à défaut d'être toujours subtile, -les nuances chromatiques de Byron Janis (avec Antal Dorati chez Mercury) ou Van Cliburn (avec Fritz Reiner, RCA) dans le Concerto n° 2 me semblent mieux senties.
De même qu'Agustin Anievas (EMI) a manifesté dans le Concerto n° 3 un sens de la construction et un art de la transition plus aboutis que dans la lecture moins finement cousue que nous entendons ici.
C'est cet abandon à une expression franche et extravertie qui restitue à l'impétueux Concerto n° 4 un tactus nourri d'accents « jazzy ».
Quant à la "Rhapsodie sur un thème de Paganini", furieuse, pétrie à pleine pâte de clavier et d'orchestre, le Royal Philharmonic y explose en feux d'artifice -anthologique !
Vous aurez compris que ces cinq oeuvres ont déjà connu des interprétations plus intériorisées, plus peaufinées, mais pas d'aussi flamboyantes.
L'exceptionnelle prise de son réalisée par Kenneth Wilkinson n'est pas la moindre cause de ce spectacle pyrotechnique.
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