On peut considérer que le pianiste et compositeur américain Scott Joplin est à l'origine du jazz, au même titre que les complaintes du blues ou les litanies du gospel. Son ragtime est devenu la marque de fabrique d'une musique construite et innovante, qui allait donner des bases au jazz. Le pianiste Joshua Rifkin donne ici, au milieu des années 70, 60 ans après la mort de Joplin, une vision décapante de ces "rags". A redécouvrir à la lumière du legs de Joplin. --Eric Frank
Dans les années 70, Rifkin enregsitrait trois galettes de Joplin qui sont devenus des classiques ; tout le monde redécouvrait ce compositeur immortalisé par la B.O. de l'Arnaque "the sting" ; Rifkin nous le joue comme du Mozart avec un tempo très très mesuré. En tête de ses partitions, Scott indiquait toujours qu'il fallait jouer le ragtime sans se presser, sans cavaler ; c'est une musique très mélodique qui ne supporte pas la vitesse ni le galop. Le disque manque toutefois de luminosité dans ses qualités d'enregistrment, franchement un peu "passées" ; mais tout s'écoute très bien quand même ; en dépit de la simplité d'écriture de Joplin, les pièces sont parfois techniquement difficiles à jouer, j'en sais quelque chose ; les plus belles sont rassemblées dans cet album qu'il faut avoir, si l'on ne doit avoir qu'un seul disque de ragtime ; il fait vite oublier les interprétations un peu speed de Claude Bolling. Rifkin est devenu célèbre comme musicologue, développant une théorie très dsicutée sur les choeurs à voix uniques. Mais c'est une autre histoire....