Ouvrir un bouquin de Donald Westlake augure toujours du meilleur. Auteur américain né en 1933, et décédé en 2008, il commence à écrire des polars au tout début des années soixante, sous divers pseudos. On le connaît bien en France, car ses livres ont été adaptés au cinéma. Yves Robert nous a massacré UN JUMEAU SINGULIER, transformant un roman noir et cynique en vaudeville lourdingue avec Pierre Richard, Costa Gavras s'en est mieux sorti avec LE COUPERET.
Parmi toute sa galerie de personnages, Westlake a créé John Dortmunder, le roi de la cambriole foireuse. Cette série appartient autant au polar qu'à la comédie loufoque. PIERRE QUI ROULE (1970) est le premier roman où ce personnage apparaît. A peine sorti de taule, Dortmunder est contacté pour dérober une émeraude dans un musée. Le coup est parfait. Enfin presque, parce qu'un de ses acolytes avale la pierre juste avant de se faire serrer. Un deuxième coup est aussitôt monté pour la récupérer... sauf que... puis un troisième...
Finalement, Dortmunder et sa bande de bras cassés sont de vrais pros. Leurs coups sont bien pensés, bien exécutés. Mais ils sont poisseux ! Y'a toujours un imprévu. Des gens malhonnêtes. Et dans ce métier, les gens malhonnêtes, c'est la plaie. Ils sont sympas et attachants tous, l'ami Andy Kelp, éternel optimiste, quand il présente au commanditaire la liste des équipements nécessaires ("on aurait besoin aussi d'une locomotive !), Chefwick "tut tut" et ses trains électriques, et Murch le fondu de bagnole qui écoute des disques du « 500 miles d'Indianapolis » avec sa mère chauffeuse de taxi !
PIERRE QUI ROULE se lit en trois jours. Bons bougres et mauvais coups, situations burlesques et dialogues irrésistibles, et final improbable. Ce livre a été adapté en 1972 par Peter Yates, avec Robert Redford, sous le titre « Les Quatre malfrats ».