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5.0 étoiles sur 5
Dynamitage en règle !, 23 mars 2007
"Pierrot le Fou" est sans doute le film le plus représentatif de Jean Luc Godard, celui où explose le génie de cet auteur hors norme. On y retrouve son amour du cinéma américain, du polar, son coté subversif dans le dynamitage des codes sociaux, ses messages politiques, et bien sûr une démonstration de son style, fait de collages sonores, graphiques (à l'image du somptueux générique), bafouant les règles sclérosées du cinéma des années 50.
"Pierrot" est d'abord l'histoire d'un amour fou, celui de Ferdinand pour Marianne, qui envoie valdinguer sa vie bourgeoise, pour l'aventure et l'inconnu. Trafic d'armes, guerre d'Algérie, barbouzes et révolution, voilà le menu des pérégrinations de nos deux héros. Le film, d'une beauté plastique confondante, regorge de scènes d'anthologie, qui forcent l'admiration. Citons cet échange au début du film, entre Ferdinand et sa femme, qui lui reproche de ne pas avoir superviser les devoirs de sa fille, pour l'emmener au cinéma. Ferdinand/Belmondo répond : « je l'ai emmené voir Johnny Guitare, il faut bien qu'elle s'éduque » ! Citons encore la soirée mondaine, où les participants ne parlent qu'avec des slogans publicitaires, où d'un coup les femmes apparaissent nues (!) et où Belmondo croisera Samuel Fuller (le vrai !). Le chassé-croisé dans un appartement où le couple doit cacher un cadavre est une scène fabuleuse, un vaudeville macabre ! Et puis, ma scène préférée, trois minutes de pure grâce, sur une plage, filmée en trois plans séquences où Belmondo et Anna Karina dansent et chantent « ma ligne de chance, chéri, qu'est ce que t'en penses ? » , « ta ligne de hanche ? c'est un sourire dans le matin ! ». Anna Karina est craquante, et Belmondo fait du Bébel, comme chez de Broca ! Irrésistible !
"Pierrot le Fou" est un film unique, l'occasion de comprendre le travail de Jean Luc Godard, sa manière de déstructurer les intrigues, de faire exploser les codes de narration, de laisser libre court à ses comédiens, et de rendre hommage à sa manière, au cinéma. Pierrot n'est pas un film facile, moins classique sans doute que son autre chef d'oeuvre « le Mépris ». Godard y poursuit ses recherches formelles inaugurées dans « A bout de souffle », dans un style plus maîtrisé, avec un travail magnifique de Raoul Coutard sur les cadres en scope, et le technicolor flamboyant. Les personnages nous interpellent, s'adressent à la caméra, comme dans la fameuse et cocasse dernière scène, avec un Belmondo peinturluré en bleu... n'en disons pas plus...
"Pierrot le fou" est un film kaléidoscope, fascinant, adulte, subversif et poétique, d'une terrible modernité encore aujourd'hui, c'est un ovni sublime qui nous enrichit à chaque vision.
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5 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
grande première, 25 janvier 2005
Un chef d'oeuvre représentatif du mouvement de la nouvelle vague... c'est la première fois au cinema qu'un acteur (ici Belmondo) s'adresse au public en l'interpellant.
Un film léger mais pas fultil, drôle sans recourt à l'humour facile. Pierrot le fou, c'est tout simplement un classique à avoir chez soi.
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