Bien que Status Quo n'ait pas toujours su (voulu ?) évacuer l'image archétypale de groupe à boogie sans prétentions (transcendée par l'illustration de pochette, où dans une espèce de métaphysique du binaire, le musicien - i.e. son visage - s'efface derrière l'instrument, et la posture en image d'Épinal), le combo a toujours su ménager certains temps de récréation, qui démontraient qu'il ne se résumait pas au statut de fabriquant de rythmes, aussi endiablés que métronomiques.
Certes,
Piledriver offre ce qu'attend le fan, à savoir un rock puissant, parfois à la limite du hard, à l'instar d'un «
Big Fat Mama » qui restera longtemps un favori de concert, ou encore la reprise du «
Roadhouse Blues » des Doors, sympathique assurément, tentative (vaine) de séduire le marché américain sans nul doute, évidemment signe fort des racines inventées des britanniques, mais parfaitement dispensable.
A côté de ces exercices obligés d'enthousiasme électrique, certaines chansons à dominante acoustique offre une facette attendrissante (attendrissant ? Status Quo ?) à un ensemble dont on a trop vite réduit l'inspiration à une simple partie de fin de semaine. C'est, ainsi, avec une profonde nostalgie qu'est évoqué un amour enfui dans «
A Year », ample démonstration qu'un cœur bat sous le blouson de cuir noir.
Cette surprenante diversité n'est pas pour rien dans le fait que, plus de trente années après son enregistrement,
Piledriver soit toujours aussi agréable d'écoute, et largement du niveau (et, in fine, moins caricaturale) de la production de l'époque. A noter la participation, aujourd'hui comme hier et demain, de l'harmoniciste Rob Young, grand souffleur devant l'éternel.
Christian Larrède - Copyright 2012 Music Story