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Commentaires client les plus utiles
1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Les pieds de Godzilla dans le plat,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Pink (CD)
Boris fait partie de ces groupes nippons sur lesquels je ne cesse de m'interroger. Je m'explique : lorsque les groupes de rock japonais se réapproprient un genre qui ne vient pas de chez eux à l'origine, ils le font bien, un peu trop bien, même. En effet, ces groupes le font souvent dans un style hyperbolique, à l'image du Japon, pays de tous les extrêmes. Ainsi, Sigh pousse le black metal symphonique dans des sphères incroyablement kitsch, les Polysics jouent sur le délire Devo plus qu'à fond, aussi bien visuellement que musicalement, Guitar Wolf joue la carte garage punk à l'extrême, la saturation volontaire du son rendant l'écoute de leurs albums presque insupportable... Pour chaque genre musical à priori occidental, le Japon a sa réponse poussée à l'extrême.Les membres de Boris, eux, officient dans l'univers sludge/drone doom/stoner et le font excessivement bien, eux aussi. Leur palette de sons est incroyablement variée, aussi grande que leur énorme discographie, de qualité tout de même variable, il faut l'admettre. Sur cet album, pas de drone Sunn O)))-esque, ici on fait dans le stoner/sludge bien cracra, bien lourd, bien saturé, bien énervé. Et c'est violemment efficace. Pourtant, l'idée que ça manque peut-être de spontanéité, que c'est stylisé, travaillé pour dépasser les confrères américains me turlupine un peu ; Boris tire son nom d'une chanson des Melvins, papis du sludge, ils utilisent les mêmes amplis que Sleep, pères du stoner moderne, et branchent leurs guitares dans des amplis de basse, comme Kyuss, les autres pères fondateurs du stoner... Est-ce que ça ne fait pas un peu beaucoup, est-ce que ça ne me rappelle pas ce voisin de table qui copiait ma rédaction et qui avait une meilleure note que moi, au final ? Non ! Parce qu'il suffit d'entendre les 1min45s de furie de la piste 6, Electric, pour balayer la moindre suspicion d'usurpation. Boris possède sa propre sauce, qu'il fait gicler aux quatre coins de l'album. Et pour moi, Electric est le sommet de ce plat dans lequel Boris saute à pieds joints. L'élève ne doit-il pas dépasser le maître, après tout ? Si le stoner/sludge de leurs homologues américains me fait souvent penser à des hordes de mammouths, les Japonais de Boris me font plutôt penser à une division de Godzilla. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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