Une jonque qui glisse sans vagues sur un fond de nuit étoilée, voilà tout ce qu'il y a à savoir de ce troisième opus flamboyant, poétique, trépidant et crépusculaire.
Il s'y retrouve toute l'énergie survoltée du premier épisode (un peu en berne dans le second), et s'y perd une bonne part de sa naïveté au profit d'un ton désabusé du meilleur effet. Le monde change, le monde mûrit, le monde laisse un à un ses éternels enfants pour compte.... Bien sûr, à l'image de son célèbre héros qu'on-ne-présente-plus, le scénario part (un peu trop, parfois) dans tous les sens, mais qu'à celà ne tienne ! ! Les répliques font mouche, les personnages donnent le meilleur du meilleur d'eux-mêmes, le spectacle est grandiose : dès les premières images, une fois encore, le temps s'arrête, on redevient enfant (peut-être aussi, plus adulte que jamais) et on savoure, on savoure, on savoure... Sans complexe.
Parce qu'au risque de déplaire à une certaine élite, disons les choses pour ce qu'elles sont : Pirates des Caraïbes 3 démontre avec brio qu'un divertissement peut aussi être du Grand Cinéma. L'humilité et la distance en plus. Ce qui mérite, de fait, plus qu'un détour blasé.