Critique
De prime abord, la pochette du disque intrigue et, étrangement, attendrit. La jeune Alela Diane (elle est née en 1983) y apparaît en squaw d’un autre siècle, impression confirmé par le choix des teintes sépias. Dès les premières mesures, il paraît évident que la musique d’Alela Diane ressemble à cette photographie. L’album a d’ailleurs été enregistré dans un studio amateur au fond d’un jardin de Nevada City... et cela s’entend. Des morceaux épurés et habités par un chant parfois déchirant et une guitare économe et fluide, servis par une structure folk très classique.
The Pirate's Gospel envoûte par cette voix presque chevrotante, cette instrumentation et ces paroles d’un autre âge, qui revit ici grâce à onze petites chansons, modestes mais d’une indéniable puissance. Alela Diane y est entourée de quelques membres de sa famille (le père à la guitare, le petit cousin au chœurs, etc.). Elle évoque sa nature chérie et abîmée, de ses racines, de son désoeuvrement, du cours du monde avec une simplicité et une justesse désarmantes.
« Tired Feet », récit de piétinements sur la terre des ancêtres, ouvre ce bal désuet. S’ensuivent la chanson éponyme, avec ses « Yo ho yo ho Yo ho ho » qu’on pourrait croire chantés par un chœur de pirates du dix-huitième siècle, le touchant
« Can You Blame the Sky » et le
« Oh! My Mama », beau final empli de tendresse.
The Pirate's Gospel est une réussite de simplicité et de naturel, à l’image de son interprète.
Sophie Rosemont - Copyright 2012 Music Story
Description du produit
Récemment découverte sur la compilation Even Cowgirls Get Blues, Alela Diane Menig est une jeune Californienne de 23 ans dont le folk hanté et incroyablement juste fait merveille tout au long de The Pirate's Gospel, son premier album.