Emporté par sa sincérité, McCarey est allé trop loin, il a franchi la limite supportable par le public qui a rejeté ce mélange unique et détonant d'émotion, d'amertume, de cruauté et de colère. C'est peu de dire que Make way for tomorrow est dépourvu de happy ending...McCarey veut nous amener à poser un regard moral sur la société.
La fluidité, la densité et la simplicité géniales du récit, où la virtuosité est annulée par sa perfection même, transforme le film en un discours à deux voix (les vieillards) qui pénètre le coeur du spectateur sans passer par son esprit.
Quand on a atteint la perfection, on n'a fait que la moitié du chemin. Quand on est parvenu à faire oublier cette perfection, on est au bout du chemin. Make way for tomorrow est un film définitif.