L'album de la reformation des Loudblast est sans concessions instinctif et brutal.
Alex Colin-Tocquaine, frontman d'Agressor, vient renforcer la formation à la 2ème gratte. Il avait déjà collaboré avec Buriez, puisque ce dernier avait produit "Medevial rites" et le EP "Spirit of evil". Alex avait ensuite dépanné les Loud' au concert hommage à feu - Chuck Shuldiner (Death), avant de devenir un membre permanent. (Il n'intervient pas au niveau des voix par contre).
Nouvel album, nouveau label (Next music), mais toujours le même dessinateur pour la pochette, Bolek Budzyn, indissociable du groupe.
Produit à la maison au LB studio, le son n'a rien à envier aux grosses prod. étrangères, Stéphane Buriez n'ayant plus rien à prouver de ce côté là, puisque cela fait des années qu'il produit à la pelle une bonne partie de la scène metal française. Au moins quelqu'un qui se bouge et vient casser ce complexe bien franco-français d'auto-sous-estimation.
Le son de gratte est donc massif, la basse ronronne, la batterie est claire et puissante.
Finis les titres épiques à rallonge type "Cross the threshold", fini le groove mélodique mid tempo de "Fragments", Loudblast revient 10 ans en arrière avec un album sans concession, musicalement plus proche de "Disincarnate". Buriez a qualifié "Planet pandemonium" d'album plus mature. Il est vrai qu'il sonne plus direct, plus carré que ses prédécesseurs.
D'entrée de jeu, l'excellent "Bow down" (traduisez "prosternez vous!") donne le ton: brutal.
"The serpent's circle" est plus lourd avec quelques accélérations bien furieuses. "Pain brothers" cartonne. "Last sabbath" est assez froid, lent avec des accélérations mid tempo. "The descent" aurait pu figurer sur "Fragments". Le rouleau compresseur "Mindless mankind" est brutal avec des cassures froides. "Words of vanity" est un hymne guerrier qui n'aurait pas dépareillé sur "Sublime dementia". "Scarlet mist" est basé sur un riff lent et rampant, emmené par la voix écorchée de Buriez. "Roaming in between worlds" joue sur les cassures entre riff mid tempo et accélérations tordues. Le pessimiste "Days in black" (qui devrait cartonner en concert)clot l'album sur une note brutale dans la lignée de "Bow down", avant de sombrer dans un énième ralentissement.
Au final, un aspect général assez froid, un album plus direct certes, et moins mélodique, mais avec beaucoup de cassures. Non pas que les riffs soient complexes comme par le passé, mais ils jouent plutôt sur les dissonances avec des sonorités quasi cliniques et des rythmes différents qui tournent en rond.
"Planet pandemonium" est bon, mais sans plus...je m'attendais personnelement à mieux. L'approche est plus carrée que dans le passé, mais on a l'impression qu'il manque un petit quelquechose pour que l'album ne captive réellement votre oreille, tant la recette proposée paraît classique...
Les Loud' ne sont pas des manchots, loin de là, et il est bien évident qu'il vous faudra plusieurs écoutes pour apprécier pleinement ce cd et rentrer dedans. Mais il m'a, pour ma part, laissé sur ma faim. On annonçait un retour en fanfare, c'est plutôt un retour en demi teinte.
A voir tout de même sur scène.