Si jusqu'ici Planetary flirtait avec l'irréaliste (avec le concept de la plaie) et se voulait parfois ardu à comprendre, il restait tout de même passionnant, divertissant et relativement bien ancré dans une certaine réalité, avec juste ce qu'il fallait de concepts physiques, astronomiques, et j'en passe et des meilleurs.
Avec ce tome 4, Ellis monte directement de 2 crans en difficulté de compréhension... à tel point que l'on a presque l'impression d'avoir raté un épisode depuis le tome précédent. Il est ici question de se débarasser de Jacob Greene en l'emprisonnant dans une autre galaxie... bon, jusque là, je veux bien, encore que je préférais quand les aventures de Elijah Wood se déroulaient sur terre. L'on va donc passer à la moulinette de nombreuses et longues explications du concept de la plaie, de multivers, de plans parallèles, etc... ouhlaaa... je n'aurais peut-être pas du lire ce tome à 23h, mais plutôt me lancer dedans à 9h du matin, en pleine forme, armé d'un dictionnaire de physique quantique !
Cela m'a beaucoup rappelé "Promethea" de Alan Moore... relativement complexe (il faut suivre de très, très prés !). Le comics (hyper) cérébral.
Je pose la question : quelle est la frontière entre le divertissement et l'instruction ? Joindre l'utile à l'agréable est certes intéressant, car apprendre en lisant est positif. Mais de là à se prendre la tête à 2 mains et devoir compulser un dico pour décrypter un comics, je ne suis pas convaincu du bien fondé de la démarche... peut-être que sur ce coup-là, Ellis a un peu abusé des substances, ou alors n'a pas suffisamment eu de vision extérieure de son oeuvre (il est parti dans son trip !)... ou peut-être encore vise t'il un nouveau public : les scientifiques ! Je ne pense pas être totalement stupide ni inculte, mais très franchement, j'ai eu du mal.
Par contre, Cassaday maîtrise toujours autant ses dessins.
Point positif pour terminer : la mini-histoire excellente qui relate le recrutement du batteur étant enfant par Elijah. Court mais très intense. Rien que ça vaut le détour. Voilà ce que j'attends de Planetary.