Contrairement à ce qu'une telle affiche pourrait laisser imaginer, l'interprétation des "Planètes" que Leonard Bernstein grava avec sa Philharmonie de New York n'est pas la plus spectaculaire de la discographie.
Le belliqueux Mars et le facétieux Uranus sont menés à des tempi fluides et cursifs qui privilégient l'allusion à la description.
Quel contraste avec la tendre Vénus, alanguie sur plus de 9'30, envoûtante par sa douceur, abolissant la temporalité et suggérant un regard philosophique ouvert sur l'infini.
Saturne et Neptune interrogent les mêmes horizons contemplatifs et font entendre la subtile approche du chef américain comme une véritable suite de portraits astrologiques, tel que le souhaitait Holst et tel qu'il l'avait lui-même illustré lors de ses deux enregistrements dans les années 1920.
En complément, l'orchestre new yorkais libère toute la pompe attendue de la célèbre marche n° 1 de "Pomp and Circumstance", que Bernstein a postérieurement réenregistrée à Londres avec l'orchestre de la BBC, dans le cadre d'un captivant
album elgarien qui nous proposait aussi une fine interprétation des "Variations Enigma".