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5.0 étoiles sur 5
un album culotté où John se met à nu, 3 juillet 2011
Sur la pochette de cet album que les fans baptisent "Plastic Ono band" ou "Mother", John Lennon n'est pas nu (comme sur celle de "Two virgins"). Pourtant, c'est dans ses chansons qu'il décide de se mettre à nu. Lassé par le strass des Beatles, épuisé par la gloire, c'est un homme fragilisé, en quête de sérénité et de reconnaissance artistique, qui écrit et enregistre cet album historique en 1970. Certains considèrent ce disque comme le meilleur essai de Lennon (d'autres lui préfèrent "Imagine"). Ca peut se discuter... Toujours est-il que ce "Plastic Ono band" apparaît comme un album assez atypique, une véritable confession sur microsillon. La forme est tout à fait en phase avec le fond: des chansons dépouillées à l'extrême, presque austères, mais pourtant rageuses... On est très loin de l'emphase et de l'insouciance de "Sergent Pepper". Lennon utilise sa voix, son piano et sa guitare pour raconter sa vie, ses blessures, ses colères, ses projets, au fil de titres inoubliables (Mother, God, Love, Isolation). Seules la basse (tenue par Klaus Voorman) et la batterie (dont jouent en alternance Ringo Starr et Alan White) accompagnent parfois l'ex-Beatle. Sur "Working class hero", protest-song extraordinaire de sincérité et d'acuité, on retrouve l'influence du copain Bob Dylan, dont Lennon imite quelque peu la démarche (le barde américain est revenu lui aussi à la simplicité après le succès de "Blonde on blonde").
Après le très beau Imagine en 1971 (Que John qualifiait de "Plastic Ono band avec les violons"), il semble que Lennon ait brûlé tous ses atouts. Il ne retrouvera plus jamais cette inspiration par la suite, malgré quelques chansons correctes(Woman is the nigger of the world, Mind games, Steel and glass, Watching the wheels) disséminées dans des albums inégaux, dont le dernier, "Double fantasy", concept d'un dialogue musical avec Yoko Ono, sortira deux mois avant sa mort, mettant fin à une éventuelle reformation des Beatles que certains jugeaient imminente. Les Beatles deviendront des mythes, John Lennon une icône et "Plastic Ono Band" restera sans doute le meilleur disque de la courte carrière solo de John, mort à 40 ans seulement.
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4.0 étoiles sur 5
Le meilleur Lennon., 26 septembre 2004
Ce commentaire fait référence à cette édition : Plastic Ono Band (CD)
Après la séparation des Beatles, John Lennon enregistre cet album mais toujours sous le nom de Plastic Ono Band. Il va sans dire qu'il vide tout son sac, chose qu'il ne pouvait pas faire d'une manière aussi ouverte dans le groupe. Il le fera si bien que la censure ne le ratera pas surtout en Grande Bretagne. Heureusement qu'il y avait Radio Caroline pour diffuser ses chansons interdites hors des eaux territoriales au nez et à la barbe du gouvernement anglais. Dans « God » tout y passe : la magie, les dieux, les religions, la Bible, les rois, les cartes, Hitler, Kennedy, Elvis, Dylan et les Beatles. Cette rupture avec le passé, égrenée sur un ton sentencieux montre à quel point John est déterminé pour repartir à zéro. « Working class hero » est l'un des morceaux les plus profonds concernant le texte. On comprend vraiment mal pourquoi il a été censuré à l'époque alors que personne n'est nominativement visé. Morceau qui n'aurait pas déplu à Bob Dylan. Les 4 ballades « Hold on », « Isolation », « Love » et « Look at me » sont autant de morceaux agréables et sensibles où Lennon se montre à son avantage dans une ambiance acoustique avec une émotion non feinte. « I find out » et « Remember » sont nettement plus rock alors que « Mother » est nettement plus tendu. Seul « Well Well Well » est assez saoulant notamment dans le couplet où Ringo Starr assène de la grosse caisse le tempo réverbéré avec la guitare solo pour seul accompagnement ; la spectorisation n'est pas de bon goût ici. Les 2 bonus tracks ajoutés ici « Power to the People » (N°7 en Angleterre en avril 1971) et « Do the Oz » (plus anodin) ne déparent pas de l'ensemble. Vous avez ici le meilleur album de John Lennon où on le trouve tour à tour tendre, tendu, vindicatif et révolté. Le climat est assez varié même s'il n'est pas des plus réjouissants. Il ne peut laisser indifférent car John l'a fait avec ses tripes sans fard, et là, le but est atteint.
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4.0 étoiles sur 5
Une bonne thérapie pour Lennon et pour nous., 13 octobre 2000
Ce commentaire fait référence à cette édition : Plastic Ono Band (CD)
Ceci est le premier album solo de Lennon après la séparation des Beatles. Ce disque a été enregistré en 70 et est le résultat d'un traitement suivi par Lennon pour effacer les angoisses infantiles dues au double abandon par son père qui a quitté sa mère 'lorsqu'il était petit' et par celle-ci morte durant son adolescence. C'est d'ailleurs le thème de la première chanson de l'album "Mother". Mais bon, Lennon n'a jamais été très net si l'on peut dire alors que vaut ce disque réalisé en tant que thérapie psychologique? Sur cet album, on constate bien que Lennon a des problèmes à régler... Avec ses parents donc ("Mother"), avec le monde et Yoko ("Hold on", "Look at me"), avec le capitalisme ("Working class Hero"), avec le passé ("Remember") ou encore ses peurs ("Isolation"). Le ton global est donc angoissé, ce qui n'est pas pour plaire à tout le monde. Les arrangements sont simples sans fioritures et les musiciens peu nombreux car en plus de John & Yoko, on ne trouve généralement qu'un batteur nommé Ringo Starr, un bassiste (remplacant de Mc Cartney), Klaus Voorman et Phil Spector à la production. Ce dernier nous évite de 'spectoriser' l'album et c'est tant mieux. C'est sur qu'à l'époque, le ton a dérouté. Mais, une chanson comme "Well well well" qui est une traduction musicale de la théorie du 'Cri Primal' du Docteur Jdanov que Lennon à consulter pour 'se guérir', est un très bon rock. De meme, la chanson d'ouverture fait partie de ses meilleures chansons, tout comme l'est "Love" l'une des plus grandes ballades de sa carrière. Et on ne sait qu'ajouter sur l'unique "Working class hero" ou le philosophique "God" qui clot l'album. Ainsi, ce disque contient 4 ou 5 compositions dignes du meilleur Lennon et le reste est d'un très bon niveau. Donc ce disque est génial!? Oui et non, car meme si ce disque présente des morceaux qui musicalement sont excellents, reste que l'ambiance un peu glauque qui y règne va en refroidir certains (mais surement pas tous). PS : Pour les Bonus Tracks, je dirais simplement ceci : "Et si on ajoutait un bras à la Venus de Milo ?"
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