Cela commence dans un aéroport : agitation, conformité et inquiétude des participants se poursuit dans une entreprise tout aussi "moderne" ( en 40 ans cela n'a guère changé ) la vision que propose monsieur Tati est prophétique.
Bocal, mobilier pas si confortable mais très "design", ascenseur déroutant, et des affaires se traitent dans des cubes.
"Slam your door in a golden silence" annonce un panneau dans un "stand" dirigé par un directeur allemand courroucé.
Se promènent - c'est récurrent dans le film - des femmes distinguées au maintien impeccable.
Un ami retrouvé par monsieur Hulot et nous sommes dans un univers d'appartements parallèles, juxtaposés où ...on regarde la télé.
Le « royal garden » est un autre élément savoureux : restaurant très chic, réservé, montable s'avérant quelque peu démontable aussi et où le "grand monde » passe du maintien au défoulement, chacun s'oubliant dans des danses frénétiques finissant en nostalgie, laisser-aller, ambiance de fin de fête dans une douce béatitude éthylique.
Un drugstore du petit matin aux participants cette fois variés, la croix verte d'une pharmacie est toute proche et le reflet du « Sacré-caeur » sur la porte évidemment vitrée.
Génial final carrousel sur un rond point où se conjuguent image et sons.
Poésie magnifique où l'autocar avec les brins de muguets d'une touriste renvoient aux lampadaires bornant la route vers Orly.
Les lumières de ceux-ci étoilant le ciel nocturne.
Monsieur jacques Tati était/est un génie, un étranger à notre monde qu'il sut voir avec délicatesse, poésie, malice, pertinence et ce film est un de ses plus grands à coté des "Vacance de monsieur Hulot" et de "Mon oncle".
Quelques gags même si la finesse de Jacques Tati n'était précisément du genre « Tarte à la crème » lui qui appréciait aussi Laurel et Hardy.
Les Bonus sont certes inégaux mais intéressants, les commentaires, la biographie de l'auteur bien sur et la bande annonces est le meilleur des commentaires.
Puisse être disponible aussi "Jours de fête" et "Traffic".
Epoustouflant !.