Comment pourrais je parler d'un film aussi parfait..? les superlatifs élogieux n'expriment que partiellement les qualités de cette oeuvre cinématographique majeure et l'admiration que l'on éprouve notamment pour la photo d'Henri Decae d'une beauté à couper le souffle...l'excellente musique de Nino Rota et la direction de René Clément qui signe là son chef d'oeuvre...
SYNOPSIS : Chargé de rapatrier aux Etats-Unis un fils de famille qui mène la dolce vita en Europe, Tom Ripley, un jeune homme de modeste condition imagine une brillante imposture afin de prendre la place et l'identité de l'héritier, Philippe Greenleaf.
Un roman de Patricia Highsmith, un hasard de casting, trois jeunes comédiens en état de grâce et un metteur en scène ouvert aux imprévus...L'immortelle grandeur de PLEIN SOLEIL est le résultat de cette improbable alchimie.
En effet, l'hypothèse Delon n'est soulevé qu'en raison d'un désistement. C'est Jacques Charrier qui était pressenti par les producteurs contre l'avis de Clément, mais l'acteur renonce pour rester auprès de son épouse Brigitte Bardot, sur le point de mettre au monde leur enfant.
Sur le tournage débuté en aout 1959, la météo capricieuse, les vagues et le tangage incessant sur le yatch incommode Delon qui souffre du mal de mer et pour qui le tournage est un calvaire. Il s'en souviendra pour dire non à Pierre Schoendorffer quand, des années plus tard, il lui proposera d'interpréter "Le Crabe Tambour".
PLEIN SOLEIL marque les débuts au cinéma du personnage découvert en 1955 dans le roman Mr Ripley, par P.Highsmith. Quel personnage ! un individu trouble mais séduisant, dandy, féru d'art, faussaire, imposteur et sexuellement ambigu.
Créé par Delon pour ce film, il revient dans LE MEURTRIER deux ans plus tard sous le nom de Walter Saccard (Maurice Ronet). Par la suite, Dennis Hopper dans L'AMI AMERICAIN en 1977, Christophe Malavoy dans LE CRI DU HIBOU en 1987, John Malkovich dans RIPLEY'S GAME en 2002 et Adrian Grenier dans RIPLEY UNDER GROUND en 2004... Une mention particulière doit être faite du TALENTUEUX Mr RIPLEY, remake de PLEIN SOLEIL où Matt Damon, Jude Law et Gwyneth Paltrow reprennent les rôles d'Alain Delon, Maurice Ronet et Marie Laforet.
Dans cette version de 1999 appliquée mais sans éclat, Anthony Minghella (Le Patient Anglais) insiste beaucoup plus sur l'homosexualité latente des deux héros masculins que René Clément préférait qualifier d'"anthropophagie".
Ce dernier demeure à jamais l'un des plus brillants représentants du "réalisme psychologique" dans l'univers du 7ème art.