See you later Alligator
«Qu’est-ce qui nous tente», se demandent les musiciens de Louise Attaque à l’aube du nouveau millénaire. A l’époque, n’ayant pas trouvé ni de réponses apaisantes, ni de quoi chasser leurs doutes et calmer leurs angoisses, les quatre Louise avaient décidé de faire musique à part, et de se lancer en binôme dans de nouvelles expériences sonores. Ces différents voyages vers d’autres horizons musicaux sous les noms de Tarmac et d’Ali Dragon ont alors redonné aux Louise l’envie d’avoir envie, de « regarder le monde à l’envers, croire en tout, en l’éphémère, décider d’aller de l’avant, car il y a dans l’air, par moment, ce léger souffle séduisant »…
Cet extrait de
« La Traversée du désert », qui ouvre
A plus tard crocodile, le troisième album de Louise Attaque, annonce d’emblée la couleur voyageuse, apaisante, et ludique de ce nouvel opus. Ainsi, même si l’on peut se replonger dans le folk-rock fiévreux de leurs débuts avec le percutant
« Oui, Non », les Louise ont mis le cap ici vers d’autres univers sonores et ont puisé dans les musiques électroniques ou le reggae un nouveau souffle créatif. Le voyage musical que nous propose
A plus tard crocodile est d’autant plus inspiré qu’il comprend aussi de longues plages instrumentales comme
« A l’envers »,
« La Nuit » et
« La Valse », où vient s’inviter un superbe piano rêveur et mélancolique. Mais si basse, violon et guitare ont troqué ici la noirceur de
Comme on a dit contre des songes plus aériens et un rock plus relax, les mots de Gaétan Roussel n’ont pas encore conclu une trêve avec les doutes (
« Ça m’aurait plu ») ; toutefois les textes s’autorisent ici à plus de poésie, comme dans
« Salomé » ou bien
« Depuis toujours » où douceur et taquinerie se jouent des coudes avec bonheur.
Ainsi, avec ce troisième album, les Louise ont de nouveau ouvert la porte à une créativité sonore exaltante et enchanteresse, où les mots comme les mélodies s’épanouissent en beauté dans la quiétude. Et si la mélancolie comme les doutes ne se sont pas tous fait la malle, les Louise enfin libres, sont prêts à repartir, à rebondir, à s’étourdir même, car « du monde encore il reste à découvrir » (
« Nos Sourires » ).
Emilie Paul - Copyright 2013 Music Story