Revue de presse
Reniant son statut d'héritier du fief Shimizu, Matatarô a déserté le nid familial pour suivre sa passion, la voie des Arts. Après avoir assouvi cette passion auprès d'un grand maître et avoir connu un certain prestige en solitaire, il choisit enfin de revenir chez les siens. Mais son père, intransigeant en ce qui concerne l'honneur des bushi, décide de faire de ce fils qui a trahi les siens un exemple, en le condamnant à mort...
Après avoir suivi sa voie d'artiste, Matatarô doit donc faire face au courroux de son père. Mais tout le monde n'admet pas de la même manière la décision du père. Ainsi, tandis que Hisa, notre courageuse mère, prend les choses avec bravoure et honneur malgré sa profonde tristesse, Yae et sa mère décident de libérer le malheureux. Quelles conséquences aura cet acte ?
Avec ce troisième volume, Hiroshi Hirata conclut de belle manière sa saga en trois volumes, en faisant du personnage de Matatarô un homme réellement intéressant, trouvant appui dans la façon qu'a eue sa mère de l'éduquer, restant fidèle à ses convictions jusqu'au bout, et n'hésitant pas à remettre en cause les plus profondes valeurs du bushido. Quant aux toutes dernières pages, elles se recentrent un peu plus sur le personnage par qui l'aventure a commencé, la brave Hisa, mère exemplaire, non parfaite mais courageuse, ayant élevé chacun de ses enfants, mais aussi son mari, du mieux qu'elle l'a pu. Les années ont passé, la jeune femme téméraire des débuts, après être passée par la case de mère-courage, voit à présent une nouvelle vie s'ouvrir à elle. Et du haut de ses soixante ans, elle conserve cette force qui en a fait une femme à part et un exemple pour certains.
En somme, malgré quelques longueurs et des exagérations, Plus forte que le sabre constitue un bon cru dans la carrière prolifique de son auteur.
Du côté de l'édition, Akata/Delcourt nous offre à nouveau un travail très satisfaisant. La traduction sera restée impeccable jusqu'au bout, et les clés de compréhension toujours aussi intéressantes. Seul bémol: une augmentation de prix de 0,70€ pour ce dernier tome, augmentation probablement due au nombre de pages un peu plus important.
koiwai
(Critique de www.manga-news.com )
Biographie de l'auteur
Victime des bombardements, sa famille part s'installer à Nara où son père ouvre une boutique de pompe à eau. Hiroshi a six frères et sœurs et doit souvent sacrifier ses après-midi de classe pour aider son père au magasin. À l'époque, le manga ne l'intéresse pas encore mais il participe déjà au journal de son collège et voue une grande admiration aux illustrations des romans historiques, particulièrement celles de Kiyoshi Kimata.
Il n'a que 17 ans lorsque, à la mort de son père, il doit abandonner ses études pour subvenir aux besoins de sa famille. Il commence alors à travailler dans une entreprise d'équipement. Grâce à un ami du collège, il publie sa première histoire en 1958 Le Sabre tueur d'amour et de haine (Aizô-hissatsuken) dans la revue Mazô des Éditions Hinomaru-Bunko. La collaboration se révélant fructueuse, il fait paraître six autres histoires dans le magazine.
Fin des années 50, un libraire l'incite à lire "Endiguement de Horeki" qui raconte l'histoire du fief de Satsuma. Intrigué par cet épisode de l'histoire du Japon, il approfondit ses recherches et fréquente librairies et bibliothèques pour étoffer ses connaissances sur l'histoire du Japon. En 1965, il part pour Tokyo à la recherche de travail. À cette époque, il édite des nouvelles des romanciers Renzaburô Shibata et Norio Nanjô. Trois livres paraissent : "Zatoichi", "Histoire de Nisha" (Nisha-den) et "Rivière du Sang" (Chishio-gawa). Fin des années 1960, le gekiga est à la mode au Japon et deux de ses publications, "Misère de la voie du samouraï" (Bushidô muzan den) et "Ecole de sabre kanzashi" (kanzashi kenpô) remportent un grand succès.
Au début des années 1970, la carrière de Hiroshi Hirata prend un tournant décisif. Il devient l'incontournable auteur de gekiga, spécialiste de l'histoire du Japon et des samouraïs. Il commence notamment la série L'âme des samouraïs en 1969, Épouse à vie en 1972 et Prêteur de vie en 1973. Au début de l'année 1973, il voit deux de ses histoires édités en livres reliés et destinés à la vente : "L'âme du Kyudo" et "Prêteur de vie". C'est dans ce même mouvement qu'il s'atèle à une nouvelle série, "Satsuma Gishiden" en 1977 (série qu'il achève en 1982).
En 1978. il voit son œuvre exposée au Comic Convention de Saint Diego aux États-Unis Son travail sur "Satsuma gishiden" l'épuise et en 1983, il décide de faire une pause. Après une année de pause pendant laquelle il exerce le métier d'électricien, il commence une nouvelle série "36 stratégies de Kuroda". Depuis 1983, il ne cesse de travailler sur de nouveaux projets, il signe son autobiographie en 1990, "Histoire d'un père", et pousuit aujourd'hui son métier de gekiga-ka avec "36 stratégies de Kuroda" et "Le Nouveau prêteur de vie". Hiroshi Hirata est également un maître calligraphe reconnu.
(source akata.fr)