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Commentaires client les plus utiles
9 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Sur le fil du rasoir,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Poetry (DVD)
Gageure tenant de l'impossible : comment ne pas être glauque avec cette histoire d'une vieille dame i) qui découvre qu'elle est atteinte de la maladie d'Alzheimer, ii) apprend que son petit-fils qu'elle éduque a participé à un viol, iii) va recourir au plus vieux truc du monde pour chercher l'argent indispensable à l'avenir de ce même petit fils.Lee Chang Dong aime les situations limites (la sexualité des handicapés dans Oasis, la perte d'un enfant dans Secret Sunshine) et je ne suis pas fanatique de cette tendance à vouloir filmer avec délicatesse l'infilmable ou l'abject. Mais c'est affaire de goût et de sensibilité. Ce qui ne peut être disputé en revanche, c'est la maîtrise de la mise en scène. Admirables plans aquatiques et sylvestres, subtilité du récit et de la construction de la narration, interprétation hallucinante (quel grand directeur d'actrices !). Je crois que je garderai toujours en mémoire ce regard hallucinant de Yoon Jung-Hee, lors de la fameuse scène où..... Reste que la recherche poétique de notre (grand) mère Courage m'a paru un rien forcée - et raccordée à l'intrigue principale d'une manière assez artificielle. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Au fil de l'eau,
Par LD (Paris, France) - Voir tous mes commentaires (TOP 10 COMMENTATEURS) (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Poetry (DVD)
Bien que Poetry ait reçu à Cannes un prix en dessous de celui qu'il méritait - celui du scénario, en 2010 - on s'est enfin plus largement rendu compte qu'il s'agit là d'un cinéaste de grande envergure, ce que savaient déjà ceux qui avaient vu ses trois précédents films distribués en France, Peppermint Candy (disponible à l'heure actuelle uniquement en dvd anglais : Peppermint Candy), Oasis et Secret Sunshine (voir mon commentaire). Quelle bonne nouvelle qu'un public plus nombreux ait découvert ce metteur en scène précieux! On ne peut que leur conseiller de se porter sur ses autres films s'ils ont apprécié celui-ci, ils y trouveront les mêmes qualités et une capacité, comme le dit justement Zybine, à traiter avec délicatesse et avec un sens du décalage permanent des sujets toujours forts et souvent même malaisants.Les films de Lee Chang Dong se méritent, aucun doute là-dessus, et Poetry n'échappe aucunement à cette règle. Comme le dit Verbena, le film est bien un brin austère. Sur un rythme que d'aucuns trouveront lent, sans accompagnement musical, avec des scènes qui ne s'éternisent pas mais qui peuvent créer le malaise ou sont parfois un peu en creux, Poetry n'est pas le film idéal pour les spectateurs avides de rebondissements. De toute façon, il n'y a qu'à jeter un oeil au synopsis ci-dessus (qui n'en dit pas trop pour une fois, ce qui est pour le mieux) pour savoir que ce n'est pas ce que le film va proposer. Qui plus est, Lee Chang Dong a beau priser les situations fortes, voire limite, il aime également les désamorcer. Dédramatiser tout en dramatisant les enjeux pour ses personnages, voire les enjeux moraux auxquels il confronte ses spectateurs en même temps que ses personnages, voilà ce qui me semble constituer la "méthode" Lee Chang Dong, qui n'aime rien tant que déstabiliser les spectateurs, sans pour autant les violenter. Un art qui est constamment sur le fil, donc, qui cherche les décalages et la déstabilisation plus que les ruptures violentes, qui regarde des êtres différents et / ou en crise en demandant aux spectateurs de modifier le regard qu'ils porteraient naturellement (ou culturellement?) sur eux. Cela tombe bien: dans Poetry, oeuvre à propos de laquelle Lee Chang Dong a lui-même établi une analogie évidente entre poésie et cinéma, il s'agit là du sujet profond. La quête de Mija - arriver à regarder le monde de telle sorte qu'elle puisse trouver les mots pour le dire, alors même que les mots commencent à lui échapper - fait écho à celle du metteur en scène, qui éduque le regard de son spectateur afin qu'il puisse à son tour mieux le regarder. Les titres de ses films précédents (Oasis, Secret Sunshine) pouvaient en partie passer pour des antiphrases, et pourtant il était bien question d'une oasis ou de la lumière du soleil brillant secrètement dans ces deux films. Avec Poetry, tout est résumé et concentré dès le titre: pour Lee Chang Dong, la poésie dit le monde, dans toutes ses composantes et toutes ses manifestations. Non seulement la poésie n'est pas que sublime ou affaire de sentiments élevés, non seulement elle peut émaner du quotidien ou le chanter, mais elle peut aussi rendre compte de l'abjection ou de la laideur. Il s'agit de trouver sa voix, et une langue, pour rendre compte de toutes les manifestations du monde extérieur et de toute la palette des expériences humaines. Voire de donner une voix à ceux qui n'en ont pas. Le film tisse tous les liens - des scènes se répondant, les rimes visuelles se multipliant - pour que le sens profond du film apparaisse dans une fin absolument admirable, d'une beauté aussi concentrée que limpide. L'art de Lee Chang Dong, s'il est souvent sur le fil, est bien du grand art. A plus forte raison parce que l'art de la mise en scène selon Lee Chang Dong passe avant toute chose par le travail avec les acteurs, et qu'il a fait naître dans ce film une des plus fabuleuses prestations d'actrice qui soient. Yun Junghee, immense star en Corée pour ses centaines de rôles au moment de l'âge d'or du cinéma coréen, vit en France depuis 15 ans et avait arrêté de faire du cinéma. Lee Chang Dong l'a donc sortie de sa retraite pour lui donner un rôle qui, selon son mari (l'excellent pianiste Kun-Woo Paik), lui ressemble beaucoup! Quoi qu'il en soit, on sent bien que le très exigeant Lee Chang Dong sait plier sa mise en scène à ses acteurs tout autant qu'il leur demande de se plier à elle. Ce que fait Yun Junghee dans ce film est un poème à soi seul: pas franchement hors du monde, mais pas vraiment dedans, suggérant autant une part enfantine intacte que des fêlures très présentes, elle porte le film de bout en bout et lui confère sa douceur et son originalité. Là aussi, des jurés mieux avisés, à défaut de donner un des prix majeurs à ce film qui le méritait pourtant amplement, auraient au moins pu couronner cette actrice exceptionnelle. On a noté que, la même année, deux films ont exalté, chacun à sa façon - bien différente - les pouvoirs de la poésie: Bright Star de Jane Campion (voir mon commentaire), et Poetry. J'aime pour ma part énormément ces deux films, mais au-delà même de l'appréciation qu'on pourra en avoir, je trouve que c'est une excellente nouvelle. Porter haut, d'une façon ou d'une autre, la langue, la voix et la création poétiques - tout en les liant puissamment à la vie quotidienne de l'individu (potentiellement) créateur - est un acte qu'on peut qualifier à bon droit de fondamental. Diaphana édite un dvd de qualité, à défaut de sortir un blu-ray dans le même temps. Belle copie, supérieure en tout cas à celle de Secret Sunshine. VOSTF et VF stéréo. Au titre des suppléments: - commentaire audio de Lee Chang Dong (sous-titré). Les relances du critique Kim Yougjin, parfois un peu naïves, ne sont pas toujours idéales, mais Lee Chang Dong donne quelques éclairages intéressants (tout en insistant sur le fait que ses choix sont souvent le fruit de ses intuitions) - module de 9' sur Yun Junghee (et ses relations avec Lee Chang Dong), d'un intérêt modéré - analyse de séquences par Eric Libiot (14'), un peu délayée mais qui permet tout de même de mettre l'accent sur certaines des façons qu'a le metteur en scène de faire naître contrastes ou déséquilibres - note sur le film et poèmes sélectionnés par Lee Chang Dong Une des pépites de l'année dans une édition de très bonne qualité, à ne surtout pas rater. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
14 internautes sur 17 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Entre poésie et barbarie,
Par Verbena "master jedi" (Toulouse, France) - Voir tous mes commentaires (TESTEURS) (TOP 500 COMMENTATEURS)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Poetry (DVD)
Ouhla, que ce film n'est pas drôle... :(Magnifique film, un rien austère, sur le dilemme d'une grand-mère simple et un peu perchée qui souhaite apprendre à écrire un poème alors qu'elle assiste, puis prend part malgré elle, au spectacle de la barbarie banale. Ou où trouver la beauté dans une société qui apparaît parfois comme inhumaine et indigne. Dignité, humanité, voici les qualités de cette petite mémé qui n'a l'air de rien, et qui va rencontrer le pire et le meilleur chez ses pairs (le pire et le meilleur n'ayant parfois pas l'apparence que l'on attend d'eux). Son personnage est splendide, et l'actrice qui l'incarne est parfaite. Le réalisateur parvient à faire le grand écart entre mélodrame social, situations sordides, poésie contemplative, et vignettes mettant en scène la quotidienneté des gens simples. Une alchimie pourtant réussie, un vrai univers. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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