Après avoir évoqué dans ‘Pardonnez-moi !’ (2006) son passé mouvementé et plus spécialement les très sérieux problèmes familiaux qu’elle a connus enfant, puis adolescente et même d’autres soucis qu’elle a eu une fois femme et mère, et s’être ensuite amusée à nous révéler la face cachée des actrices dans sa comédie musicalo-documentaire ‘Le bal des actrices’ (2009, avec déjà Marina Foïs, Karole Rocher, JoeyStarr et Karin Viard), Maïwenn Le Besco a signé ‘Polisse’ (2011,127mn), avec la collaboration de l’actrice (elle joue dans ‘Polisse’ la policière lesbienne), scénariste et réalisatrice Emmanuelle Bercot (qui a révélé Isild Le Besco, sa comédienne-fétiche, dans ‘Les vacances’ puis ‘La puce’ en 1997/98) et du chef op Jowan Le Besco (frère des deux comédiennes-réalisatrices), un long-métrage dans lequel il est beaucoup question de violences physiques envers les enfants, un sujet qui ne sort pas vraiment de nulle part, puisqu’elle a elle-même souffert de violences de la part de ses deux parents autrefois.
Long-métrage quasi-documentaire sur le quotidien d’une équipe de la Brigade de Protection des Mineurs (la BPM), que nous découvrons au travers du regard d’une photographe chargée de faire sur cette brigade un livre de photos pour le compte du ministère (Maïwenn elle-même), ‘Polisse’ réunit une extraordinaire distribution (Wladimir Yordanoff -le grand chef-, Frédéric Pierrot -le chef-, Nicolas Duvauchelle et Karole Rocher -partenaires aussi dans ‘Braquo’, Karole Rocher étant par ailleurs la nouvelle compagne de JoeyStarr, l’ancien compagnon de Maïwenn-, Karin Viard et Marina Foïs, Naidra Ayadi, JoeyStarr, Jérémie Elkaïm -‘La guerre est déclarée’, ici le policier au langage châtié-, les membres du BPM, mais aussi Sandrine Kiberlain et Louis-Do de Lencquesaing, l’argentin Marcial Di Fonzo Bo -le prof de gym-, Laurent Bateau -‘Un village français’, ici le mari de Karin Viard-, Riton Liebman -le compagnon de Marina Foïs-, Lou Doillon -en sœur de Maïwenn- et... Patrick Le Besco -le père de Maïwenn-, et même Anthony Delon en membre de la Brigade des Stups) au sein d’un film réaliste, précis et passionnant, magnifique hommage à ces hommes et femmes qui n’ont pas d’autre choix que de plonger au jour le jour dans un univers totalement glauque, qui ne peut évidemment pas ne pas laisser de traces dans leurs vies respectives : on ne baigne pas impunément dans une telle fange. La douleur des enfants est ici mise en avant et c’est normal : c’est avant tout d’eux qu’il est question dans ‘Polisse’, un témoignage bouleversant (tout ce dont il est question dans le film correspond, malheureusement, à des faits strictement réels) sur un sujet aussi dramatique, pour ne pas dire horrifique, que quotidien pour certains. Heureusement pour nous, Maïwenn a eu l’excellente idée que d’aérer son film anxiogène par de courtes vignettes assez drôles, voire carrément comiques, qui en rendent la vision plus aisément supportable. La fin du long-métrage, remarquable, est inoubliable. Ne manquez ce film à aucun prix (même s’il est peut-être à déconseiller aux personnes par trop sensibles) : vous ne pourrez l'effacer de sitôt de votre mémoire !