9 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Une lecture salutaire, 23 juillet 2010
Pour qui désire se construire un minimum de culture classique « Les politiques » d'Aristote est un passage obligé. C'est vraiment une réflexion de tout premier ordre par un penseur d'une grande qualité ; à lire avant les penseurs politiques modernes (Montesquieu, Rousseau..).
Ce qui prouve la qualité de cette œuvre c'est bien son intemporalité, les idées développées et les thèmes traités gardent leur pertinence et permettent une réflexion sur notre société contemporaine.
Voici quelques illustrations :
- rejet de la chrématistique : « acquisition spéculative contre nature n'ayant pour but que le « toujours plus » ;
- réflexion sur ce qui doit être mis en commun dans la cité : « On prend fort peu de soin de ce qui est commun à un très grand nombre de gens : les individus en effet s'occupent principalement de ce qui leur est propre et moins de ce qui est commun »;
- rôle prépondérant de la vertu qu'il faut favoriser : « grâce à la vertu, il en sera, concernant l'usage des biens comme le dit le proverbe : « tout est commun entre amis », «le législateur (nomothète) qui, par le moyen de bonnes lois, est l'artisan premier des dispositions éthiques de citoyens» ;
- nécessaire cohésion du corps politique et donc rejet du communautarisme d'aujourd'hui : « La communauté politique suppose l'amitié car on ne veut pas faire de chemin en commun avec ses ennemis »;
- nécessité d'accorder les lois à la constitution (idée reprise par Montesquieu) ;
- critique de la fabrique de l'opinion : « Les démagogues sont souverains de l'opinion du peuple » ;
- réflexion sur l'égalité : proportionnelle ou numérique ?;
- réflexion à l'usage de nos gouvernants corrompus : « La règle cardinale dans toute constitution c'est qu'elle soit organisée de manière que les magistratures ne soient pas source de profit »;
- organisation des magistratures dans la démocratie : « impossibilité pour un même citoyen d'exercer en dehors des fonctions militaires, deux fois la même magistrature » ; )
Pour Aristote l'homme est un animal politique, la cité est naturelle (elle ne naît pas d'un contrat) et permet d'atteindre une vie heureuse ; l'objet de sa recherche est alors de trouver de façon pratique la constitution la meilleure possible. Le véritable citoyen a nécessairement un rôle actif, il doit savoir à la fois commander et obéir et être libéré des tâches quotidiennes pour se consacrer (différemment selon le type de constitution et les mécanismes choisis (oligarchiques, démocratiques, aristocratiques etc.)) à la vie de la cité (d'où la présence des esclaves).
On est vraiment plongé dans l'univers de la cité grecque, un espace de vie et délibération bien particulier. Avec Les politiques on s'élève bien au-dessus de la basse politique politicienne contemporaine.
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5.0 étoiles sur 5
classique absolu, 28 avril 2012
Dans "Les politiques", on trouve une théorie de la communauté, de la nature politique de l'homme, des échanges économiques (à lire absolument !), de la propriété privée, du citoyen et de sa vertu, des différents types de régime (très intéressante définition de la démocratie notamment), de l'éducation qui leur convient. Les thèmes sont aujourd'hui certes familiers, mais ils sont développés comme toujours chez Aristote avec ce mélange d'abstrait et de concret, d'intemporel et de temporel, de clarté et de profondeur qui font le charme et la lisibilité particulière de ses ouvrages (si on excepte les traités "logiques"). Un ouvrage qui ne suffit pas à construire une culture philosophique politique, mais qui en est un passage obligé.
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