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Commentaires client les plus utiles
37 internautes sur 38 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Comprendre les Balkans,
Par M. Ou Mme Michel "Mischka Yakovleff" (Angers France) - Voir tous mes commentaires (TOP 1000 COMMENTATEURS) (VRAI NOM)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Pont sur la Drina (Poche)
Le Pont sur la Drina, d'Ivo Andric, est une lecture fortement recommandée à qui s'intéresse aux Balkans, et plus spécifiquement, à la Bosnie Herzégovine d'après-guerre civile.Conçue comme une longue chronique d'une ville symbole, l'oeuvre d'Ivo Andric permet de comprendre comment vivait la société bosnienne, comment les cultures cohabitaient, parfois avec des flambées de violence, toujours avec des clivages, mais généralement en bonne intelligence. Elle remet en perspective la soit-disant fatalité de la guerre de 1990-1995, dont la presse internationale nous avait rebattu les oreilles, et dont on perçoit mieux qu'elle est une sorte d'intoxication, voire un montage. Ceci dit, le "roman" est merveilleusement écrit, il coule comme la rivière Drina, avec de grands moments épiques, un subtil mélange de violence et d'humour, des personnages très vrais. Le fond est nostalgique, voire pathétique. En définitive, ce livre laisse une impression très forte. C'est une histoire humaine très riche et profonde, et aussi une réflexion sur la vie de communautés apparentées, voisines, et pourtant jamais confondues. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
22 internautes sur 23 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
La lecture de Patryck Froissart,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Pont sur la Drina (Poche)
Connaissez-vous Ivo Andric, prix Nobel de littérature 1961 ? Avez-vous lu Le Pont sur la Drina ? Si on m'avait posé ces deux questions deux jours avant la rédaction de cette analyse, j'aurais répondu négativement, sans aucune honte. Aujourd'hui je dis « oui », avec la satisfaction de celui qui a senti poindre en soi quelque lumière nouvelle, car je viens de terminer ce magnifique roman, dont la lecture m'a momentanément éclairé.Le pont, construit sur la Drina par un vizir de l'empire ottoman (né petit paysan serbe dans un hameau de la petite ville de Visegrad, enlevé à 10 ans par les Turcs et emmené à Istamboul, puis converti de force à l'islam), constitue à la fois une frontière et un lien entre la Bosnie et la Serbie, et entre un occident chrétien et un orient musulman dont les marges fluctuantes placent Visegrad, au hasard des guerres, tantôt dans un « camp », tantôt dans l'autre. De son édification, vers le milieu du 16e siècle, jusqu'à sa destruction, lors de la 1ère guerre mondiale, le pont est, dans le roman, le lieu central, la scène, voire l'arène où tout se joue. On y joue, on y boit, on y fume, on y devient amoureux, on y meurt, on y tue, on y torture, on y exécute, on y massacre. Toute l'Histoire, de 400 ans, du village, de la région, puis du monde, se vit en condensé sur la kapia. Les chrétiens et les musulmans (populations locales islamisées) vivent ensemble à Visegrad depuis toujours, se respectent, se méfient les uns des autres ou se haïssent et s'entretuent selon la tournure de l'Histoire, pris dans un jeu dramatique qu'ils ne maîtrisent pas, et dans lequel interviennent Turcs, Juifs séfarades puis Juifs ashkénazes, Tsiganes, Autrichiens... Les maîtres de leurs pauvres destins apportent leur ordre et orientent leurs violences, et, rarement, quelques courtes périodes de paix et de stabilité. Le lecteur suit la lente évolution des mentalités dans la succession des générations, où se font et se défont les coutumes, où se forgent, grandissent puis se dissolvent les souvenirs collectifs, les destins individuels, les humiliations, les peurs ou les fiertés et orgueils communautaires. C'est un fourmillement de personnages, de types narratifs, de caractères, truculents, ou cruels, ou truands, ou faux, ou sages, évoluant dans une atmosphère souvent pesante, dans une dynamique pessimiste de l'histoire humaine. Le pont, au milieu des tourbillons, reste impassible, et semble, aux yeux des habitants, être garant de la pérennité d'une destinée malgré tout commune, mais les dernières certitudes collectives s'effondrent lorsqu'il s'écroule sous les bombardements, au cours de cette guerre de 14-18 qui marque la fin de l'ancien monde : « quelque chose était détraqué dans cette ère nouvelle. » Le pont est détruit, et tout devient incompréhensible : « Qui donc saurait décrire et faire sentir ces frissons collectifs qui secouèrent soudain les masses... ? » L'eau ne coulera pas toujours sous des ponts. « Il y avait toujours eu et il y aurait toujours des nuits étoilées. » Ivo Andric fait partie des sublimes, forcément. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Albanie hermétique,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Pont sur la Drina (Poche)
Dans une fresque superbe, remplie d'anecdotes et de personnages hauts en couleur, Ivo Andric retrace trois siècles de l'histoire de la Bosnie et du peuple bosniaque. Et si son livre s'achève sur la destruction du pont en 1914, il est, hélas l'augure des conflits à venir lors du démantèlement de la Yougoslavie.
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