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5.0 étoiles sur 5
Tétanisant, traumatisant, 7 février 2007
Je ne connais que deux albums à être aussi traumatisants : le premier disque de Suicide (éponyme, 1977) et "Pornography" des Cure. The Cure, en 8 titres (pour 43 minutes), ont réussi a faire une version sonore de "L'Enfer" de Dante. Une descentes aux Enfers, progressive (chaque morceau est plus sombre et glaçant que le précédent), sans espoir de retour, sans retenue, sans garde-fou. Dès les premières notes (batterie largement retentissante, riffs de guitare sanglants et effrayants, sonorités malsaines, ce que Robert Smith voulait, d'ailleurs, obtenir comme sonorités), on frissonne. "One Hundred Years" est tétanisante, avec cette fameuse phrase d'intro, 'it doesn't matter if we all die'. Le morceau suivant, "A Short Term Effect", est sans doute mon préféré des Cure, et du disque, avec cette intro puissante et magnifique. Les autres titres ("Siamese Twins" et sa sublime intro et son ambiance malsaine, "The Figurehead", le flippant "Cold", le définitif morceau-titre achevant l'album sur une fausse note d'espoir 'I must fight this sickness, find a cure') sont si bons que ça en devient obscène, indécent, incroyable. Au final, "Pornography", qui a mon âge, est le disque à retenir des Cure, le dernier (et meilleur) volet de la 'trilogie glacée' amorcée en 80 avec "Seventeen Seconds" et poursuivie en 81 avec "Faith", album de transition qui, pourtant, n'arrivera jamais à préparer l'auditeur à "Pornography". Infernal et traumatisant, beau et puissant aussi. Un monument.
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5.0 étoiles sur 5
It doesn't matter if we all die, 22 juin 2009
Entre 1980 et 1982, The Cure a sorti trois albums, formant indéniablement une trilogie dite 'glacée'. J'aborderai ici même les deux premiers volets (Seventeen Seconds de 1980, et Faith de 1981) prochainement, mais c'est par le troisième volet que, curieusement, j'ai eu envie de démarrer mon exploration. Courte exploration, d'ailleurs : je ne pense pas aborder d'autres disques du groupe hormis ces trois-là. Pornography (titre d'album qui étonnera et consternera pas mal de monde) date de 1982. Si les deux premiers albums étaient assez sombres (surtout Faith, souvent très glauque dans ses paroles : All Cats Are Grey...), Pornography, lui, avec ses 43 minutes (pour 8 chansons) est tout simplement terrifiant. Je l'avoue sans honte, ce disque m'a traumatisé, littéralement, et il continue de le faire. On ne saurait suffisamment mettre en garde les auditeurs fragiles (en particulier ceux qui ont une bonne connaissance de l'anglais) contre la violence mentale et physique de la musique de cet album. En 1982, The Cure (et surtout le chanteur/guitariste/compositeur, occasionnellement claviériste et violoniste Robert Smith) allait mal. Faith a été mal accueilli par les médias (pour Pornography, ce sera pire), Robert Smith boit, et découvre les drogues hallucinogènes dures. Il sombre dans une sorte de folie intérieure, et de frénésie. Il compose ce disque dans un délire, prétendant aujourd'hui ne plus avoir de souvenir de l'enregistrement de cet album fondamental. On a souvent qualifié la musique des Cure de gothique ; ce n'est pas le cas de Pornography. C'est un disque sur l'autodestruction d'un homme. L'album s'ouvre par les presque 7 minutes de One Hundred Years. Batterie tribale, extrêmement violente, guitare stridente, hurlante, au son assez malsain (le producteur du disque, Phil Thornalley, trouvera le son horrible, Robert Smith l'imposera pourtant - ce son tout en échos morbides, en sustain, apporte une touche glaciale et sépulcrale à l'album). Les paroles frappent dur : It doesn't matter if we all die, 'peu importe que nous crevions tous'. Comme passerelle pour un album, on a souvent fait plus commercial ! Le morceau fait peur, tellement il est violent, sanglant. A Short Term Effect (mon morceau préféré avec le quatrième) à l'intro magistrale, The Hanging Garden qui sortira en single et possède une partition de batterie tout simplement phénoménale (l'intro !!!) et des paroles troublantes (cover my face when the animals die)...Et la face A se terminait par la déferlante morbide, triste, émouvante (impossible de ne pas chialer quand je l'écoute) Siamese Twins. Désolé, mais ce morceau est trop fort, trop parfait, je ne peux pas en parler. Impossible. La face B s'ouvrait sur le traumatisant The Figurehead, musique mélancolique et sordide, paroles superbement glauques. A quoi carburait Smith, mon Dieu ? Ce disque le montre totalement flingué. A Strange Day est un autre titre presque commercial (l'autre étant le single cité plus haut, qui n'eut pas de grand succès), mais sa musique est lourde, pesante. Pesante ? Mais que dire alors de Cold, qui mérite bien son nom, et pourrait être jouée à un enterrement ? Triste, tragique même, froide, malsaine chanson. Superbe chanson, aussi. Le titre le plus angoissant du disque, probablement, avec le final, Pornography, 6 minutes inqualifiables, terrifiantes, traumatisantes, malades...se terminant par un paradoxe total avec le début du disque : I must fight this sickness/Find a cure. Par rapport au It doesn't matter if we all die de One Hundred Years, c'est un effort, mais la musique, elle, semble sortie de l'Enfer...comme la pochette. Comme l'ensemble du disque, version sonore de l'Enfer de Dante. On pourrait écouter un milliard d'albums différents chaque jour pendant 10 ans sans jamais réussir à retrouver un disque aussi fondamental et terrifiant, et traumatisant (j'insiste vraiment sur ce terme) que Pornography. Maintenant, je comprend le pourquoi de ce titre provocateur : Robert Smith s'est mis à nu, dans ces 8 chansons. Il s'est étalé d'une manière pornographique. Et le résultat n'est pas beau à entendre, même si ce disque, le meilleur absolu du groupe, et un des plus grands disques au monde, mérite vraiment l'écoute. Un sommet difficile, complexe, terrible, mortifère...mais splendide, aussi, et courageux. La quintessence des Cure.
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5.0 étoiles sur 5
l'album du siècle, 1 février 2009
Comme certaines oeuvres littéraires ou poétiques emplies du pessimisme le plus noir , pornography apporte paradoxalement du baume au coeur aux âmes tourmentées : il est réconfortant de trouver exprimés musicalement les propres affres de son inconscient . On se sent moins seul au monde . Trois jeunes anglais sont devenus , par l'intermédiaire miraculeux d'une album , les traducteurs torturés des états d'âmes d'une , voire de plusieurs générations . La musique exprime l'essence des choses, elle exprime plus clairement encore ce que les mots ne peuvent nommer . Pornography traduit le désenchantement, une forme de dégoût esthétique vis-a-vis de l'existence perçue elle-même comme pornographique ,le retrait du monde comme l'exprime cette pochette où les trois enfants terribles qui ont composé cet album sont comme emmurés vivant dans un monde parrallèle, d'où ils nous observent à travers le prisme de leur inconscient en brulant dans les flammes de l'enfer. Pornography n'est pas un simple album de rock , c'est une oeuvre immense qui imprime à ses auditeurs un choc esthétique et métaphysique , qui charrie un flot désordonné de sentiments divers , de frustrations , de colères , d'angoisses , mais véhicule des éléments positifs et libérateurs . Combien d'autres albums dégagent une telle puissance , une telle profondeur , combien parviennent à dépasser leur condition pour devenir une oeuvre d'art intemporelle ? Combien d'artistes ont réussi à dépasser toute contingence commerciale pour jeter à la face d'auditeurs héberlués un tel brulot ? Aride ( oreilles sensibles s'abstenir ) , désespéré et réconfortant , d'une profondeur abyssale , Pornography est un choc , Pornography est un cri ,Pornography est l'album du siècle
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