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La pochette dit tout : trois garçons flous à l'air fantomatique et étrange, des couleurs de feu et une impression globale de mauvais pressentiments. Cet album est la perle noire de la période classique de Cure, 1981-1983. Ce n'est certes pas leur disque le plus sombre (ce titre revient sans contestation à
Faith), mais ce n'est pas non plus une expression de la vie en rose
Les chansons sont lentes, graves et mystérieuses, évoquant des images de pourriture et de désolation (dans "Cold" : "A shallow grave/ A monument to the ruined age... Everything as cold as life/ Can no-one save you ?"). Sur ces bases glauques, le chant tremblant de Robert Smith n'a jamais semblé aussi désespéré. "Short Term Effect" décrit le vide : "No movement/ Just a falling bird/ Cold as it hits the bleeding ground", loin de l'érotisme joyeux de "Lovecats" ou de la sinistre confession de "Close To Me". On peut quand même voir le lien entre ce succès de début de carrière avec leur chef-d'oeuvre glacial de 1989,
Disintegration. Comme toujours chez Cure, le désespoir le plus profond est de rigueur.
--Andrew McGuire
Critique
Mal accueilli par la critique mais élevé au statut d’album culte par les fans,
Pornography achève dans les ténèbres la boucle entamée par
Seventeen Seconds.
Son extrême noirceur est accentuée par une texture sonore ayant gagné en amplitude (grâce à la production de Phil Thornalley, habitué à travailler avec des groupes pop nettement moins austères), écrasée par la batterie de Lol Tolhurst et la voix presque suppliante de Robert Smith.
La basse perce à peine, battement de cœur étouffé dans des flots de synthés (
« Cold »), les guitares, douloureuses et stridentes (
« One Hundred Years »,
« Strange Days »), résonnent comme un cauchemar schizophrène d’une effroyable beauté qui se désintègre dans un hallucinant magma sonore,
« Pornography », et une promesse de renaissance (« I must fight this sickness, find a cure » : je dois combattre cette maladie, trouver un remède) qui enverra The Cure vers les sommets des charts, trois ans plus tard, avec
The Head On The Door.
Stan Cuesta - Copyright 2012 Music Story