En ces temps d'industrialisation et de musiques au kilomètre, il est bon d'entrer dans cette petite Mercerie où le patron fait tout lui même. De fait, la notion de groupe est mise à mal et tous ceux qui pensaient s'habituer au line-up de leur mini-tube "New Slang" sur "Oh, Inverted World", en sont pour leur frais. Mercer change tout, tout le temps, s'entoure de musiciens selon le besoin, mène Shins à la baguette..et le résultat laisse penser qu'il n'a pas forcément tort, tant son talent de multi-instrumentiste semble évident.
Si Hall and Oates, ces gens bons, reste une référence obligée dès qu'on parle des Shins, il faut aussi et surtout, citer les frères Finn et Crowded House ou le XTC du reclus Partridge. C'est perceptible au niveau de la voix ou de la finesse de cette pop mélodique (pléonasme ?). On pourrait aussi évoquer Cure parfois, voire le Cheap Trick de "Miss Tomorrow".
Il y a pire.
Ecoutez les superbes "Simple song", "It's Only Life", "September" ou "40 Mark Strasse"...on chercherait en vain, un point faible car ce disque est avant tout, cohérent.
Avec un hit, Mercer serait tout en haut. Là, il est déjà, sans bruit, au dessus de beaucoup.