Critique
Sous une iconographie qui induit une évidente parenté avec les productions précédentes, le plus étrange quartette de la scène jazz contemporaine – car seul référencé à utiliser de façon constante le hang (ici tenu par un nouveau titulaire du pupitre, Keir Vine), instrument de percussion en forme de soucoupe volante, et inventé fort logiquement par des Suisses – délivre un quatrième album volontairement basé sous le signe de la spontanéité et de la cohésion.
C’est en effet en studio, mais dans les conditions du live, que le Portico Quartet a enregistré cet opus homonyme, et ses dix plages qui laissent la part belle aux schémas répétitifs. Tant et si bien que l’inspiration musicale du groupe semble s’éloigner à larges encablures de l’idiome
stricto sensu du jazz, dont ces quatre garçons dans le vent de la créativité semblent avoir essentiellement retenu, outre le minimalisme évoqué précédemment, une évidente fascination pour l’impressionnisme d’une certaine musique savante européenne.
« Steepless », qui laisse intervenir le filet de voix enfantin d’une Cornelia, chanteuse qui avait, jusqu’alors, échappé par ses options entre pop et dance aux canons du jazz, trouble encore davantage les pistes, dans une atmosphère brumeuse et onirique qui rappelle toute une frange de musique européenne qui, en grand écart, rassemble aussi bien Björk que Robert Wyatt, et donne envie d’écouter de nouveau quelques incunables des compagnies discographiques Mute ou 4AD. Mais, après tout, ces harmonies de découverte et d’audace conviennent à merveille à un label qui reste celui fondé par un certain Peter Gabriel.
Quatrième épisode de l’étrange, mélodies rêveuses et sérénité de surface tiraillée par des ondes telluriques donc : Portico Quartet confirme ici une démarche nourrie de l’absolue nécessité des chemins de traverse.
Christian Larrède - Copyright 2012 Music Story
Description du produit
Portico Quartet revient avec un nouvel album explorant de nouveaux territoires sonores - Produit par le groupe et brillamment enregistré par Greg Freeman dans les studios Fishmarket et Real World, leur troisième album éponyme est le son d'un groupe constamment en mouvement et sans compromis. Les dix titres, joués live, puisent leur inspiration dans la musique électronique et le classique, l'ambient et la dance. Le groupe de l'East London, invente une nouvelle musique, cinématique et mystérieuse où l'inspiration de Burial, de Mount Kimbie et Flying Lotus se frotte aux textures d'Arve Henriksen et Bon Iver avec des échos de Steve Reich et Max Richter.