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Commentaires client les plus utiles
4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Dérangeant.,
Ce commentaire fait référence à cette édition : PORTIER DE NUIT DVD (DVD)
Une approche non conventionnelle de l'Histoire à travers la petite histoire d'une relation homme/femme. Un film qui dérange à rapprocher de Kapo de Pontecorvo. Aujourd'hui ou les bien-pensants avec le politiquement correct dominent la culture de l'image, probablement que de tels films ne pourraient plus être aussi aisément produits. Pour la génération qui ne le connaît pas : à découvrir, pour les autres qui comme moi l'avaient vu il y a très longtemps : à re-découvrir.
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10 internautes sur 12 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Elle et lui !,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : PORTIER DE NUIT DVD (DVD)
Des bretelles à même la peau, sur un corps maigre de femme à moitié nu, surmonté d'une casquette d'officier SS, c'est l'affiche du film qui a fait le tour du monde et bouleversé les « braves gens qui n'aiment pas que l'on suive une autre route qu'eux ». Cet « obscur objet du scandale », cette histoire incroyable, impossible a provoqué alors de virulentes réactions de par la planète entière et, apparemment, n'a pas fini de choquer...Or pour pouvoir comprendre les choses, il faut en connaître, ne serait-ce qu'un tout petit peu, l'histoire... Liliana Cavani est née en 1937 et a commencé de travailler pour la télévision italienne en 1961 comme réalisatrice de documentaires sur la seconde guerre mondiale (elle a par exemple été la première à tourner une histoire du III° Reich entre 1962 et 1963 qui reste comme la première ½uvre télévisée critique du nazisme ; elle s'est également intéressée à Pétain et à Staline). En 1965, elle a réalisé un documentaire sur les femmes dans la résistance -qui figure en bonus sur cette nouvelle édition du film en 2 DVD pour cette raison-là et pas pour en quelque sorte donner une caution positive à un film éc½urant- et à cette occasion, elle a interviewé des femmes qui étaient passées par les camps de concentration. Or, l'une de ces femmes lui a révélée qu'elle se rendait chaque été depuis la fin de la guerre en vacances à Dachau, où elle avait été internée... Et comme Liliana Cavani est une femme intelligente et curieuse, elle a voulu explorer cette zone d'ombre (car les êtres humains baignent plus souvent dans les zones d'ombre que dans le strict noir ou blanc et que ce sont justement ces zones d'ombre qui font nos particularités) et c'est donc de cette rencontre et de ce témoignage qu'est né 'Portier de nuit' (1974), une ½uvre originale et forte, qui a surpris et peut déranger, ne s'adresse qu'à public TRES averti, mais surtout constitue une brûlante illustration d'un amour pas comme les autres. L'action du film est située dans la Vienne défraîchie de 1957 juste après que les troupes soviétiques aient quitté la ville et que la vie ait repris comme si de rien n'avait été dans cette ville. L'immense Dirk Bogarde-Max (1921-1999, 'Le cavalier noir', 'The servant' qui traitait déjà d'un renversement complet des rôles, 'Accident', 'Les damnés', 'Mort à Venise', 'Providence', 'Despair', 'Daddy Nostalgie'), 53 ans alors, est le portier de nuit d'un grand hôtel viennois, l'hôtel de l'Opéra, dans lequel vivent et/ou se rencontrent régulièrement quelques anciennes 'gloires' du nazisme. De temps en temps, ces hommes traquables organisent le procès fictif de l'un d'entre eux afin de pouvoir identifier toute éventuelle preuve, voire témoin de leurs exactions antérieures dans le but évidemment d'éliminer les traces de celles-ci. Or, c'est justement au moment où doit se tenir le 'procès' de Max (quelques années plus tard Charlotte Rampling jouera dans un film qui fit lui aussi scandale, et dont le titre est curieusement justement... 'Max mon amour'), que s'installent dans l'hôtel un célèbre chef d'orchestre américain et son épouse, la secrète et tragique Lucia (l'incandescente Charlotte Rampling donc, 28 ans à ce moment-là, elle avait déjà joué dans 'Les damnés' de Visconti en 69 avec le même Dirk Bogarde, et dans ces années-là dans 'Giordano Bruno', 'Zardoz', 'La chair de l'orchidée', 'Adieu ma jolie', 'On ne meurt que deux fois' et 'Angel Heart'). Or Max et Lucia se sont connus pendant la guerre dans un camp de concentration et se souviennent : Max, un officier SS, s'était fait passer pour un médecin et menait des études photographiques dont elle fut plus particulièrement l'objet, leur relation de bourreau à victime ayant fini par évoluer et se transformer, un amour sadomasochiste s'étant développé entre eux entre-temps, et ce jusqu'à inverser les rôles, la victime ayant fini par avoir du pouvoir sur son bourreau. Le problème, c'est qu'elle a également été reconnue par un enquêteur qui travaille pour le groupe d'anciens nazis... Alors que tout semblait perdu pour Max, qui vivait comme une taupe dans ce vieil hôtel aux recoins tellement sombres de l'après-guerre, et que tout semblait écrit pour sa si chère 'petite fille' Lucia (mari célèbre et riche, enfants à venir, belle vie de grande bourgeoise aisée et insouciante), ils vont tous deux s'aimer à nouveau, comme si le temps qui s'est écoulé depuis leur première rencontre n'avait jamais existé, leur passé et leur présent s'entremêlant comme les fils de l'écheveau ne le font pas ; s'aimer quand même, envers et contre tout et tous, jusqu'au bout de leur nuit, avec toute l'intensité d'une passion dévorante : il n'y a pas de remède à l'amour fou, aucune guérison n'est envisageable... Avec aussi Philippe Leroy-Klaus, qui, bien que français, a surtout fait carrière en Italie (c'est le père de la comédienne Philippine Leroy-Beaulieu), et les italiens Gabriele Ferzetti-Hans, Isa Miranda-la Comtesse (qui, inversement, a beaucoup tourné en France) et Amedeo Amadio-le danseur (autre sublime fantôme du film : ces gens ont existé, mais n'existent plus vraiment, si ce n'est dans le souvenir les uns des autres). Alors, ce film est-il respectable ? Certainement pas : 'Portier de nuit', c'est de la braise, qui suit et précède un feu qui ne s'éteindra plus... Mais qui peut juger ? Le juif chantant Leonard Cohen a écrit une fois : « There must be a crack : that's how the light gets in ! ». Et si vous vous faisiez votre propre avis, « loin de la foule déchaînée » ? A noter : dans l'une des scènes du long-métrage, Charlotte Rampling chante en allemand (un très bon allemand avec seulement une légère pointe d'accent) en nouvel ange, sinon bleu, du moins trouble, la chanson de Friedrich Holländer : 'Wenn ich mir was wünschen dürfte'... A noter également : les italiens étaient alors les maîtres du film à scandale avec 'Le dernier tango à Paris' de Bernardo Bertolucci en 72, 'La grande bouffe' de Marco Ferreri en 73 ou 'Caligula' de Tinto Brass en 79... A noter enfin : les Américains, qui ont si mal accueilli le film, avaient quand même eux-mêmes lancé en 1969 un sous-genre autrement plus discutable avec 'Camp spécial n°7', qui fut très vite suivi de 'Ilse, la louve des SS' et de bien d'autres, des films qu'il ne serait probablement même plus possible de réaliser aujourd'hui, mais qui ont trouvé leur public à ce moment-là et qui eurent le très mauvais goût que d'associer les notions de camps de concentration et d'érotisme (ce qui n'est en rien le cas de 'Portier de nuit', qui est tout sauf un film érotique)... Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Amour contrarié,
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Portier de nuit (DVD)
N'est pas Pocahontas qui veut! En prenant la situation la plus inimaginable possible pour une relation amoureuse, le film a choqué (et choquera encore). Et pourtant... Pourquoi deux êtres ne pourraient-ils pas s'aimer bien que la bienséance nous indiquerait tout le contraire? Ce qui est le plus choquant, finalement, c'est que leur relation existe par, dans tous les sens du terme, leur rencontre en camp! Ils se retrouvent ensuite et c'est ce moment de leur vie commune qu'ils recherchent, comme une incroyable version du "bon vieux temps". Sans prendre parti, et sans aucun manichéisme, la réalisatrice nous livre, avec maestria, un excellent film intelligent et sensible. Elle laisse tranquillement l'histoire s'installer, sous des couleurs ternes et maladives, toutes en -âtres, jaune pisseux et blanc spermique, maladives, qui toucheront petit à petit les deux protagonistes. Génie du casting, Charlotte Rampling, avec son physique atypique et mystérieux, est parfaite dans le rôle, et Dirk Bogarde est génialissime, jusqu'au moindre froncement de sourcil, en dégageant toutes les subtilités, nuances et paradoxes de son personnage. La scène finale est magnifique et symbolise tout le film: l'être humain est capable et du plus bel amour et de la plus abominable horreur, et ce, en même temps. Tout le monde a les deux. Très bon film, courageux et puissant.
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