Oh la bonne nouvelle ! L'un des grands classiques de Lang, période américaine, est bientôt disponible dans ce coffret Wild Side Video (le 02 décembre) ! Ce film produit par Independant (le studio du cinéaste) n'est à manquer sous aucun prétexte, tant la réalisation, le jeu des acteurs ainsi que le montage sont à ce point prodigieux (pas de trucage pour la dernière scène, mais chut, je ne révélerai rien). L'histoire de cet homme, la quarantaine, traqué par ses fantasmes (Edward G. Robinson superbe), puis confronté à une mante-religieuse, sorte de femme fatale, est d'un suspense non seulement jubilatoire mais d'un paroxysme diabolique.
Sans conteste, The Woman In The Window, réalisé en 1944 (juste avant The Scarlet Street), est un fleuron du Film Noir, à ranger aux côtés d'autres chefs d'oeuvres du genre, comme The Killers de Robert Siodmak, Double Indemnity de Billy Wilder, Laura de Otto Preminger, The Big Sleep de Howard Hawks ou encore The Shadow Of A Doubt d'Alfred Hitchcock (voir listmania).
La synopsis, si je me souviens bien est la suivante : un prof en criminologie, marié et bon père de famille mène une vie paisible mais ennuyeuse. Après avoir accompagné son épouse et son gamin à la gare (ils partent en vacances ou en cure, je ne sais plus), il est invité à retrouver ses amis dans un club. Discussions détendues, plaisanteries savoureuses. A un moment, le sujet de la discussion, pour le moins banale jusqu'à présent, porte alors sur la crise de la quarantaine, des femmes et des tentations, et de l'adultère qui peut mener au crime... Le professeur, sûr de ses principes et de sa morale, tient à préciser que lui, ne tomberait jamais dans le panneau... Même s'il rencontrait le modèle de la femme au portrait (qu'il lorgnait dans la vitrine quelques instants auparavant)...
Ah ! les grands principes et les belles promesses! La vie peut parfois être d'une ironie cinglante... Quant aux fantasmes, ils travaillent notre imaginaire, même à notre insu, et quand la possibilité d'une aventure se présente, si ça paraît doux au début, à la fin ça peut vous laisser un goût bien amer... Aussi amer qu'un cauchemar! C'est un peu la morale du film. Aussi, en sortant du club, il rencontre le modèle de la femme au portrait (Joan Bennett, séduisante en femme fatale, à noter qu'elle ne porte qu'un léger chemisier de satin noir assez transparent révélant de superbes petits seins... vraiment osé pour l'époque!).
Je ne raconterai pas la suite, mais les clairs-obscurs sont sublimes (l'expressionnisme si cher au cinéaste allemand avec ses contrastes d'un romantisme ahurissant). Un scénario efficace bourré de surprises hallucinatoires, une interprétation non seulement crédible mais convaincante (le génial Don Duryea dont on avait pu admirer le jeu dans Criss Cross de Siodmak). Cette histoire qui explore les profondeurs de l'âme rappelle l'intérêt qu'avait alors Hollywood pour la psychologie de Freud (cf. Rebecca d'Alfred Hitchcock ou encore Laura de Otto Preminger).
PS. Le deuxième film est La Rue Rouge (Scarlet Street) tourné l'année suivante avec les mêmes acteurs (Edward G. Robinson, Joan Bennett).