Dans le DVD du film "Love is the devil" fiction réalisée par John Maybury, évoquant une tranche de la vie de Francis Bacon. le supplément contient une courte interview du réalisateur. A la question: n'avez-vous pas peur de choquer la famille avec ce film, Maybury répond: Le pire hommage que j'eus pu faire à Bacon, eu été de le présenter comme un père de famille avec 3 enfants. S'il n'est question de femme ni d'enfants, l'image policée que ce documentaire tente de donner à l'artiste est une véritable insulte dans le sens de ce qu'insinue Maybury. Une voix d'hôtesse de l'air vous berce tout au long des 50 min. de ce "portrait d'artiste", éludant tout sujet pouvant évoquer ses rapports avec l'alcool, la violence et pas question de dire son homosexualité encore moins son masochisme qu'il n'a pourtant jamais caché, ni dans son propos ni dans sa peinture. (j'avoue ne pas avoir tenu jusqu'à la fin, mais j'ai supporté plus des deux tiers de ce "machin" et ne pense pas que le 15 minutes qui restent, puisse sauver les 35 premières). Mon propos n'est pas qu'il faille concentrer l'enquête sur ces seuls aspects de la vie de l'artiste, mais de ne pas les censurer. Impossible de ne pas percevoir dans ce "documenteur" la volonté de préserver le public de l'image subversive politiquement incorrecte que transmet Bacon. Il suffit de le comparer ce portrait d'artiste à l'excellent documentaire réalisé par Alan Low, produit et distribué par arte "Francis Bacon, l'homme et l'arène" pour réaliser que Bacon n'a jamais eu peur de choquer, sa vie et son oeuvre, indissociables et sans doute pour cela, pour beaucoup dérangeante. Bousculer les convaincus (à entendre et interpréter d'un point de vue lacanien), fait partie de son oeuvre, une oeuvre exceptionnelle, et comme son auteur, hors normes.
L'étoile, n'est que pour les tableaux que l'on peut admirer, mais suivez mon conseil, coupez le son.