c'est un récit autobiographique saisissant de courage, de lucidité et d'honnêteté qui a dû demander une grande force à son auteur, il nous décrit deux mois au début des années 2000 où il fut maladivement dépendant au crack et ce qui va avec l'alcool à haute dose -surtout de la vodka-, de son besoin irrépressible (sans vraiment nous expliquer ce qui l'a fait tomber dedans -il suggère mais n'explique pas vraiment-) de cette drogue miracle ("(...) je m'adosse contre le mur et laisse le crack me réconforter, noyer mon anxiété." p214) qui lui permet de s'évader de sa vie, il fuit son ami, sa famille, et pendant quelques minutes c'est le soulagement avant de tomber dans des crises de paranoïa invraisemblables -merveilleusement décrites : on les ressent- et de panique incontrôlable... il est agent littéraire à New York, il vient de fonder avec une amie une agence, il a Noah son petit ami tendre, amoureux et fidèle, 70000 dollars sur son compte, et on suit sa descente infernale avec son compte qui se vide, les trous qu'il ne cesse d'ajouter à sa ceinture car évidemment il ne mange pas, il dort très peu, il achète du crack par 1000 dollars 2000, il se paye des escort boys, il passe de chambre d'hôtel en chambre d'hôtel, il tente diverses cures de désintoxication jusqu'au déclic final ; dans son récit il intercale des souvenirs de son enfance, de son incapacité à uriner -enfin il y parvient mais il prend des heures, il se fait mal- qui n'avait aucune explication médicale c'était purement irrationnel, son père -pilote de ligne- qui l'humilie car il est désarmé face à ce problème désagréable et incompréhensible, de sa mère qui souffre aussi du père, de son évolution sentimentale -filles puis garçons-, de son groupe d'amis de fac avec l'alcool et les drogues encore récréatives qui sont omniprésentes... J'ai adoré cette confession au ton si juste qui se dévore. Je le conseille.