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Poulidor intime (grands caractères) [Grands caractères] [Broché]

Raymond Poulidor

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Description de l'ouvrage

20 mai 2010 BIOGRAPHIE
Eternel second mais toujours premier dans le cœur du public, Raymond Poulidor est l'enfant chéri des Français. Sa carrière, ses succès, ses échecs font aujourd'hui partie de l'histoire nationale. Ce carnet de bord intime du champion emmène cette fois-ci le lecteur dans les coulisses de sa vie. Ses amitiés d'abord, avec notamment Michel Audiard, Antoine Blondin, René Fallet, ou encore son directeur sportif Antonin Magne. Les rencontres qui l'ont marqué, comme avec Antoine Blondin, Georges Brassens ou Salvador Dali. Raymond Poulidor raconte également ici ses passions, et en particulier sa fascination d'enfant pour le boxeur Marcel Cerdan. De nombreuses histoires de poker aussi, notamment avec Eddy Merckx, et Jacques Anquetil qu'il a toujours battu ! De son enfance paysanne à la gloire des podiums, " Poupou " lève enfin le voile sur quelques mythes qui entourent sa légende, comme sa date de naissance, sa Mercedes aux 800 000 km au compteur ou son prétendu " manque de veine ". " Un complet mensonge ", se défend le champion : " J'ai toujours eu de la chance ! " Dans ce témoignage ému et généreux, Raymond Poulidor rend au public l'amour qu'il lui a manifesté toute sa vie.

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Descriptions du produit

Extrait

Si je n'avais pas appartenu à un petit club du comité du Limousin, je pense qu'en 1956, soit à l'âge de vingt ans, juste avant mon départ pour le service militaire, j'étais en mesure de disputer le Tour de France. À cette époque, je battais des coureurs professionnels. J'étais déjà très populaire dans ma région. On me réclamait un peu partout. Durant la semaine, je travaillais quinze heures par jour dans les champs, puis j'allais m'entraîner durant deux heures. Le dimanche, pas de travaux agraires. La traite des vaches était assurée par ceux qui restaient à la ferme. Pour moi, la journée était consacrée à la course cycliste.
Une fois, il m'est arrivé de faire 80 km - à vélo bien sûr - pour me rendre au départ d'une épreuve, de disputer la course - 120 km -, puis de rentrer à la maison, toujours en vélo. Soit 280 km dans la journée. Et le lendemain, lever à six heures. C'est sûr qu'avec un entraînement plus poussé, j'aurais pu passer professionnel dès 1956, et alors mon service militaire aurait sans doute eu une durée de deux ans et demi, mais sûrement pas moitié en Allemagne et moitié en Algérie... Tout simplement au Bataillon de Joinville ! Le bataillon permettait en effet à l'élite nationale du sport de pratiquer leur discipline tout en étant militaire sous la direction des entraîneurs nationaux.
Toujours en 1956, le 2 août, lors du Bol d'Or des Monédières, à Chaumeil, je suis sur la ligne de départ en tant que meilleur coureur régional aux côtés de Louison Bobet, Raphaël Geminiani et quelques autres coureurs professionnels. Bobet est alors la grande vedette du sport cycliste national. Son palmarès est fourni. Trois fois vain­queur du Tour de France, champion du monde et bien d'au­tres victoires de renom. Cependant, tout au long du parcours, je suis le plus applaudi. On me surnomme alors «la Pouliche». Lorsqu'à mi-course, dans le Col de Lestards, Louison Bobet porte une offensive, je suis le seul à prendre sa roue, sous les applaudissements d'une foule en délire. Au tour suivant, toujours dans l'ascension de ce col, je me dégage, laissant presque sur place les Bobet, Geminiani et leurs confrères. Pour les nombreux spectateurs, ce n'est qu'un seul cri, maintes fois répété : «La Pouliche... La Pouliche...» Je termine finalement sixième. À l'arrivée, Louison Bobet, mi-figue mi-raisin, demande à l'organisateur Jean Segurel : «Qui est ce coureur plus applaudi que moi, et que tout le monde appelle "la Pouliche" ?»
Quelques semaines plus tard, juste avant de partir en Allemagne pour la première partie de mon service militaire, je remporte une épreuve avec huit minutes d'avance sur le premier professionnel, Marcel Guitard qui vient de disputer le Tour de France. Dès 1956, c'est sûr, j'avais déjà les qualités nécessaires pour disputer le Tour de France.
Lorsque je suis revenu du service militaire, en décembre 1959, je pesais 85 kg, et pourtant j'avais fait attention à ne pas trop fréquenter les bars de la caserne. C'est lorsque la Grange Rouge a changé de propriétaire que mes parents se sont retrouvés à Vaux-de-Champnétery en Haute-Vienne. Et là, tout a changé. Les chevaux remplacent les vaches comme animaux de trait, la terre est beaucoup plus riche. Il y a besoin de moins de bras pour faire tourner l'exploitation. Je décide alors, avec l'accord de mon père, de me consacrer uniquement au cyclisme. Grâce à un entraînement plus poussé et à une alimentation plus soignée, je n'ai pas tardé à retrouver ma condition physique de 1956. --Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.

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